Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 03:33

La France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards d’euros d’endettement : elle est en faillite, sinon aujourd’hui, demain, inexorablement.

Cette série d’articles vise à démontrer la spécificité de la dette française quant au cumul de la dette avec l’impôt (I), quant au volume hors contrôle de la dette (II), quant à la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatre raisons de son impossible apurement

 

IV LA PHILOSOPHIE DE LA DETTE

Qu’est ce que la philosophie de la dette ?

Dans un premier article, il a été soutenu que la dette, pour être cumulée avec des taux d’imposition a maxima, était devenu un brasier hors contrôle.Dans un deuxième article que ce brasier avait une croissance exponentielle.Dans un troisième article, que ce brasier était définitif à cause de la persistance des handicaps organisationnels d’un État obèse et de l’addiction de la classe politique au recours au prêt.

Où est la philosophie dans tout cela ?

Partout.

Et où est "la spécificité" française de "sa philosophie" ?

Juste dans une toute petite différence de lecture   mais qui fait toute la différence.

La philosophie de notre enrichissement et de notre endettement.

Lorsque la dette devient un brasier, c’est la moindre des choses que de s’interroger sur ses causes et les mécanismes qui l’ont faite s’enflammer, et au-delà, sur les valeurs morales et les paradigmes idéologiques qui l’ont provoquée.  Ou alors, disons tout de suite que la dette ne nous intéresse pas, préférant ainsi en mourir demain que de la combattre dès aujourd’hui.

La philosophie de la dette ne rappelle qu’une seule chose : quand on est malade on se soigne.

C’est ce qu’essayent avec courage les U.S.A. avec la Commission Angelides et c’est évidemment sur AGORA VOX que  vous en trouverez le compte rendu le plus détaillé, intelligent et constructif qu’il ait pu en être fait jusqu’ici sous la brillantissime plume de notre incomparable Cheminade http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Lequel, avec la rigueur et l’humour qu’on lui connait, n’a pas oublié, par comparaison, de donner un petit coup de patte mérité à la commission d’ enquête de l’Assemblée nationale sur le même sujet, qualifiant son rapport de "grisâtre", une litote polie pour dire que l’Assemblée, par solidarité corporatiste avec ses ainés, nous avait encore gratifié d’un pavé illisible, un non rapport, sur une dette phénoménale provoquée  par leur incurie, soit l’examen le plus complet des non causes  d’une dette que l’on ne veut pas voir, non plus que de ses mécanismes, qu’il ne faut surtout  pas comprendre,  sauf à prendre le parti de reconnaitre trente ans de ses propres fautes.

Lisons bien Cheminade.

La philosophie de la dette depuis Cro-Magnon était assez simple, quoique théorisée bien après sa naissance : elle est l’inverse de la philosophie de l’enrichissement

La philosophie de l’enrichissement c’est :

1 : Le Travail est source de toute richesse

2 : Car c’est lui qui créé l’Épargne.

3 : C’est l’épargne qui finance le Capital.

4 : Et c’est le Capital qui finance et permet  le Travail.

Vous pouvez discuter de l’organisation collective (les Mayas) ou non du travail (le libéralisme). Des titulaires sociologiques de l’épargne (Les Laboratores sous l’Ancien régime, les bourgeois au XIXe siècle ; non il y a une différence…et pas à l’honneur de la république).

Vous pouvez, par une politique de taxation ou non de l’épargne inerte, celle thésaurisée, la diriger ou non vers son objet, le capital d’entreprise (taxation des transactions sur l’or).

Vous pouvez  à la rigueur discuter du contenu et du périmètre entrepreneurial ou non du capital, en partie ou presque totalité. Vous pouvez même discuter de la propriété collective ou non de ce capital selon que vous estimez que ce mode d’organisation et de répartition serait le plus à même de servir le travail (Union soviétique, politique de la NEP).

Vous pouvez entre ces trois notions inventer toutes les notions intermédiaires, dirigistes ou non, qui vous paraitront les mieux à même de servir le cycle "Travail Épargne Capital Travail" (capitalisme d’État de Colbert, interventionnisme de Roosevelt, politique keynésienne de relance etc.)

Mais vous ne pouvez pas, de l’extrême droite à l’extrême gauche,  remettre en cause cette trilogie, la Sainte trinité de l’Économie, qui se réduit à cet aphorisme :

Le Travail pourrait encore tout sans le Capital.Alors que le Capital ne peut rien sans le Travail et l’Epargne.

Aboutissant à cette Valeur unique : Le Travail, source de toutes richesses.

La philosophie de l’endettement.

L’histoire dira que lorsque les trente glorieuses furent épuisées, soit après la crise pétrolière, nous sommes rentrés dans une période de saturation progressive des marchés contre laquelle nous avons lutté à force d’innovations technologiques, de conquêtes de marchés extérieurs, de relance de la consomation,  de concentrations capitalistiques. Mais toujours à un coût croissant pour une baisse tendancielle du taux de profit.

L’idée germa alors que si nous pouvions disposer d’une masse monétaire inépuisable ce kérosène dans le carburateur ferait immanquablement repartir le moteur. L’idée était très simple et apparemment judicieuse :

-depuis 1933, aux États-Unis, la loi Glass-Steegall avait interdit, par prudence et parce que chat échaudé craint l’eau,  que les banques de dépôt (qui ont les sous) fassent le métier des banques d’affaires (qui ont le savoir faire de la spéculation). Et réciproquement, que les banques d’affaires fassent et utilisent des prêts c’est-à-dire le métier des banques de dépôt. Un apartheid professionnel pour que tout le monde vive en paix. Tout le monde s’en était satisfait aussi longtemps que chacun trouvât suffisamment d’herbe bien grasse dans son champ.  http://www.une-opinion.com/?p=136

-Mais lorsque les marchés commencèrent à saturer de partout, peut-être par keynésianisme mal compris, ou appât du gain, on fit sauter l’interdiction : les banques de dépôt eurent le droit de faire le métier des banques d’affaires et les banques d’affaires de faire celui des banques de dépôt. En termes plus clairs : on mettrait de la spéculation jusque dans les prêts (les subprimes) et des prêts  dans la spéculation (les effets de leviers). Mieux : on permettrait à toutes les banques de faire tous les métiers de banques, et à tous de spéculer.

Ce qui revenait à dire qu’on mettrait artificiellement une exponentielle à tous les métiers et les amateurismes de la finance.

Eh bien, d’un point de vue financier, ça a très bien fonctionné et pour vous en convaincre il suffit de reporter un œil sur les cours de bourse de la période, l’abolition de la séparation étanche entre métiers de dépôt et métiers de spéculation datant de la présidence Clinton en 1999 :

Vous voyez bien la saga internet à partir de 1995 sur un CAC 40 à 2000 pts. puis la flambée des cours en 1999 avec l’abolition de la loi Glass-Steegall à 4500 pts et le sommet à 6600 pts en un temps record. L’effondrement des cours. jusqu’à 2650 pts ; La remontée jusqu’à 6000 en 2008 ; puis la nouvelle crise...Moralité : la bourse exagère tout mais finit toujours par vous dire la vérité

Que retenir de l’abolition de la loi Glass ? D’un point de vue économique et social il faut dire que ce fut une erreur tragique puisque cette réforme a plus sûrement cassé l’outil et les emplois que la simple mondialisation.

Surtout, du point de vue idéologique l’abolition a substitué une société où la sainte trinité était de tout temps :

Travail-Epargne-Capital

En société aux valeurs inverses :

Oisiveté- Spéculation- Endettement.

Il fallait spéculer pour gagner plus facilement de l’argent, puisque le travail était de plus en plus difficile et de moins en moins bien rémunéré ; pour spéculer il fallait s’endetter et utiliser  les effets de levier indispensables à la spéculation, jusqu’à cinq, pour les professionnels dix fois la mise. Des quantités pharaoniques de kérosène ont été ainsi injectées sur tous les marchés. Même immobiliers. Tout a été financiarisé. Une économie de bilans. A partir de là, il ne servait plus à rien de travailler ou faire travailler : trop de soucis, pas assez rémunérateur ; sous traitons plutôt aux Chinois, moins chers ;  et spéculons : à outrance.

Voilà : le moteur a lâché.

Et nous n’avons pas fini de nous en apercevoir.

Le travail, en même temps que la civilisation, a ainsi changé d’océan : il est passé de l’Atlantique au pacifique.

Car quels sont ceux qui ont tiré les marrons du feu de cette bérézina de l’économie occidentale ?

Les Chinois, l’Asie. Seulement eux.

Pour une raison parfaitement logique, une démonstration in situ de la véracité de la thèse : ils sont restés fidèles à la Trinité idéologique de l’Économie  bien qu’il leur en coûtât car il leur en coûta : au moins les efforts pour y parvenir  ( le "coûtât, coûta" je l’ai fait exprès c’est pour Cheminade qui se plaint de l’appauvrissement de la grammaire et du vocabulaire en France : on ne parlerait plus que "koi-koi" couramment) :

Travail-Épargne-capital.

Vous croyez que les hérauts de la spéculation sont riches ? Ils sont ruinés. De General Motors à la City Bank. Vous pensez que la B.N.P., la Société générale sont  saines ?  Elles sont vermoulues.

Pour avoir mis de la spéculation, de l’endettement, et donc  de l’oisiveté partout, jusqu’à  subventionner cette dernière pour s’en excuser, nos sociétés sont au dernier stade de la tuberculose de leur endettement.

Quand Bush, Ouistiti ou Strauss-Kahn vous disent "la croissance de demain épongera le prêt d’aujourd’hui" ils spéculent encore sur demain et vous endettent toujours depuis hier.

Ne les croyez jamais ; ces faux prophètes de la prospérité nous tuent en même temps qu’ils se ruinent.

La spécificité française.

Vous vous rendez-compte : il va falloir tout reconstruire, rapatrier nos usines, rembourser nos prêts. Un chantier de trente ans de sueur pour dix ans d’illusions.

Et du côté français,en plus,  trente ans d’atermoiements.

Car il y a une petite différence entre les Français et les Américains. Pas de vertu, loin s’en faut. Ou pas à notre avantage.

Mais de départ et d’ordre de lecture.

Dans le cycle proprement démoniaque, l’inverse de notre idéal civilisationnel :

Oisiveté-Spéculation-Endettement,

Les Américains ont commencé leur lecture à "Spéculation" ; donc ils se sont endettés ; donc ils ont abandonné la valeur travail. Mais dans ce schéma, il faut le relever, "l’Oisiveté" n’est pas une vertu  proclamée mais une simple conséquence subie.

Sans doute regrettée.

Ce qui veut dire que chez les Américains, in fine, le Travail est resté une valeur. leur valeur. Malgré leurs spéculations outrancières

Sans doute ce qui les sauvera et tous ceux qui les imiteront.

Les Français n’ont pas cette chance. Ils ont commencé leur lecture des valeurs inversés, bien avant les Américains, et n’ont pas fait porter le centre de gravité de leur erreur sur la Spéculation mais sur l’Oisiveté qui, chez eux, plus tôt et plus fortement que tout autre en occident, a été organisée et financée comme une Vertu.

Un dogme.

Cause philosophique unique de tous leurs endettements.

Partout : de l’école (abandon des notations) à l’entreprise (les 35 heures, la retraite anticipée ou obligatoire). Le tout gratuit pour tous (A.M.E) ; la médiocrité, l’abandon est assistée, excusée, subventionnée, encouragée.

Les vernis idéologiques, d’ailleurs contradictoires,  qu’il fallut passer sur les réformes pour les justifier n’ont aucun intérêt : outre qu’elles sont évidemment fausses, en plus de se contredire, le fait est que vous pourrez justifier comme il vous plaira l’oisiveté puisqu’une fois installée, elle est.Tout simplement.

Infiltrée partout. Partout chez elle.

Une maladie sanguine du corps social..

C’est pour la financer que nous sommes endettés et pour rembourser nos prêts que nous sommes initiés à la spéculation : une lecture en sens inverse d’une trinité inversé.

Un comble.

Ca sauvera peut-être la B.N.P. de la faillite.

Mas pas la France de l’endettement.

Lui, l’endettement,   ira en empirant, aussi longtemps que nous idolâtrons l’Oisiveté.

La société d’assistés.

A commencer par nos politiques.

Mais bien sûr qu’ils ne produisent plus rien et ne sont plus qu’attachés à leurs protections d’assistés.

Les premiers et les plus assistés avant tous.

Depuis toujours.

Puisqu’ils n’ont promu l’oisiveté pour leurs électeurs que pour mieux se la garantir à eux-mêmes.

N’est-il pas ?

La spécificité de la philosophie de la dette française : définitivement insoluble…

François DESVIGNES




Par francoisdesvignes
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 08:38

France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards d’euros d’endettement : elle est en faillite, sinon aujourd’hui, demain, inexorablement.

Cette série d’articles vise à démontrer la spécificité de la dette française quant au cumul de la dette avec l’impôt (I), quant au volume hors contrôle de la dette (II), quant à la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatre raisons de son impossible apurement

 

III LA STRUCTURE INSOLUBLE DE LA DETTE

Dans deux précédents articles, [http://www.agoravox.fr/actualites/e...] et [http://www.agoravox.fr/actualites/e...], nous avons tenté de démontrer que, quelle que soit l’importance de la dette, la France n’étant pas forcément la moins bien placée sur ce chapitre, la spécificité de sa dette lui sera fatale :

parce qu’en plus d’être endettée, elle est trop lourdement imposée pour pouvoir inverser son processus d’endettement et,

parce que la progression exponentielle de sa dette vient de l’acculer à rembourser les intérêts de ses emprunts par l’emprunt, devenu depuis peu premier poste de son budget, toutes situations typiques du failli.

Le dérapage de la dette est d’abord un dérapage de sa gestion

Aujourd’hui, nous allons tenter de démontrer que cette triste situation n’est pas conjoncturelle mais structurelle, rationae temporis et rationae materiae.

Rationae temporis car cette situation dure depuis plus de trente ans, au-delà des partis et des majorités, avec une imperturbable constance.

Et rationae materiae, quelle que soit l’entité publique, toutes administrations confondues, État central, collectivités locales et organismes de protection sociales

Comme l’illustre le graphique ci-après concernant l’endettement cumulé :

 

 

Lequel endettement cumulé, précision importante, est la conséquence d’un déficit structurel de gestion, toutes administrations confondues de l’ordre de quelques pour cent par an qui se chiffrent en milliards d’euros (144 en 2009) situation qui va se dégradant au fil des ans. : [http://www.insee.fr/fr/themes/compt...]

Ce graphisme met ensuite en évidence que, contrairement aux idées reçues, ce sont les organismes de protection sociale qui semblent vouloir contenir avec le plus de pugnacité la tendance à l’augmentation de la dette : en effet, c’est la seule entité publique qui, d’une année sur l’autre, réussit à diminuer la taille de son endettement, même si cette diminution n’a pu toujours s’inscrire dans la durée.

Et au contraire, c’est frappant sur ce graphique, le gouvernement et les administrations centrales semblent avoir pris le parti de laisser courir la dette, les colonnes bleues et violettes n’ayant cessé de progresser depuis trente ans.

A cause d’eux, encore plus que du fait des collectivités locales, malgré les efforts louables des organismes de protection sociale, l’endettement public est structurel, une enflure grandissante au fil des ans.

Et nous voilà donc sur la structure de la dette.

Partant d’une métaphore géologique, on pourrait dire que l’endettement n’est que la conséquence de l’empilement des couches successives de nos ratés annuels de gestion, c’est-à-dire d’une augmentation de la dette sans contrepartie d’actifs et à raison même de cette absence de contrpartie, une dette aussitôt oubliée une fois consommée, et comme consommée sur l’instant, sur l’instant oubliee, cause unique de son renouvellement.

Mais à ce stade, si le mécanisme du renouvellement annuel de la dette est constaté, il n’est pas expliqué.

J’avance deux explications possibles à cette dérive : Napoléon, la durée des mandats ; la cause historique et la cause électorale.

Napoléon :

Nos administrations et établissements publics ont trouvé logique depuis Napoléon, qui les avait conçus à cette fin, de s’organiser comme le sont les armées : centralisation et organigramme pyramidal pour l’architecture, discipline et ordre pour le mode de fonctionnement.

Dans un pays en guerre, ce système rend des services incomparables. Si je n’avais pas peur d’être déplacé, je vous dirais que le régime de Vichy a été de l’avis unanime des occupants d’une redoutable efficacité dans sa traque des populations juives pendant la seconde guerre mondiale, non parce que les pétainistes étaient tous des fous furieux antisémites (les nazis l’étaient pour eux même si certains l’étaient plus qu’eux), non plus parce que les Français étaient majoritairement antisémites (les Polonais l’étaient bien plus qu’eux même si certains l’étaient plus qu’eux) mais parce que le régime de Vichy avait utilisé son administration « militarisée », toute faite d’ordre et de discipline, pour la mettre au service de la déportation.Procédé en soi parfaitement odieux, je vous l’accorde, mais ce n’est pas le sujet.

La question est : d’où l’administration tenait-elle cette efficacité si redoutable ? Uniquement à cette règle militaire qui veut que du général au simple soldat tous les ordres soient exactement, immédiatement et complètement exécutés. C’est comme un véhicule : il ne doit y avoir aucun jeu dans les rouages, quel que soit leur nombre, zéro indépendance.

Cela suppose un encadrement à chaque échelon ,chargé de relayer l’ordre et contrôler son exécution et donc une organisation pyramidale. Ce système est contre nature car l’initiative et l’indépendance sont le propre de l’être humain. S’il n’en était pas ainsi nous serions encore dans les arbres. Pourtant de cette discipline à zéro indépendance/initiative dépend la victoire de l’armée et la survie de votre compagnie en temps de guerre. Pour faire respecter cette discipline à zéro initiative, les armées utilisent la menace du poteau d’exécution : pour ceux qui préfèrent risquer une balle dans le dos devant l’ennemi douze balles dans le coeur par les amis. Cela donne de très bons résultats ; en temps de guerre s’entend. Et dans l’armée de préférence.

L’administration française, organisation civile militarisée par Napoléon et deux siècles de guerres, pour ne parler que de ceux-là, a donc fonctionné comme une armée estimant que la seule question de la moralité de l’ordre de la rafle était en elle-même un acte de rebellion et de désobéissance grave, un manque de loyauté à l’égard du chef à qui l’on doit respect, discipline et obéissance, en plus de la confiance aveugle, et non de discuter ses ordres, le subordonné ne pouvant en aucun cas se livrer à cette liberté de juger sa hiérarchie mais seulement lui obéir jusqu’au sacrifice de sa personne.

On ne pourrait pas croire qu’une telle rigidité puisse être transposée dans l’administration civile ou qu’elle puisse durablement y fonctionner. Et pourtant non seulement elle a très bien fonctionné mais encore nous n’avons dû qu’à la Providence et à la fin de la guerre que l’on n’ait pas fait faire à nos fonctionnaires des choses encore plus horribles ,si ce fut possible.

Et l’administration continue de fonctionner sur ce modèle et au-delà, tous nos établissements publics, pro ou péri administratifs, tout ce qui de près ou de loin touche à l’Etat ou ses prérogatives : à une différence ou un handicap près.

La différence c’est que l’armée est un outil de guerre qui, pour son efficacité, réclame les échelons intermédiaires, c’est-à-dire un corps ininterrompu de relais, du commandemant à l’exécutant ; c’est très lourd, très cher. Justifié pour l’armée. Indispensable en temps de guerre. Mais dans l’administration en temps de paix....ça fait certes une administration organisée (normalement) mais surtout des entités sur-hiérarchisées, des univers où pour un opérationnel vrai vous avez au bas mot 3,5,7,9 fonctionnels contrôleurs. Une surcroissance de l’encadrement au détriment de l’opérationnel. C’est-à-dire une entité radicalement contre-productive, au contraire de l’armée ; malgré tout le dévouement de ses membres, à l’instar de l’armée.

Le recouvrement de l’impôt est ainsi en France parmi les plus chers du monde, et à services égaux l’hôpital est beaucoup plus cher que la clinique à tel point qu’il a fallu prévoir deux tarifs, un public avantageux et un privé calculé à la corde, pour ne pas faire sombrer d’un coup tous nos établissements hospitaliers dans la faillite. Malgré ce cocon protecteur, l’hôpital continue de faire des pertes sans pouvoir complètement assumer ses missions et la clinique des profits sans jamais refuser un malade.

Sur le coût de gestion de l’administration fiscale, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis le rapport Lepine [http://votreargent.lexpress.fr/fisc... ] il n’est pas discuté que des progrès ont été entrepris mais néanmoins sans obtenir les résultats escomptés.

En gros, pour cent unités de recettes notre administration après avoir caracollé autour d’un coût d’1,60 % ne parvient pas à percer le plancher d’1,20 % soit un coût de recouvrement bien supérieur à ses homologues qui eux s’échelonnent entre 0,70 et 1,00.

Donc en 2007, elle est descendue à 1,20 %. C’est presque bien. C’est beaucoup mieux que le Japon, autre administration impériale, qui tourne autour de 1,50. Mais au rythme des grapillements annuels, c’est beaucoup trop lent surtout par rapport à ses voisines et encore plus si elle désire les devancer en efficacité pour cause d’impécuniosité. [http://www.oecd.org/dataoecd/37/58/... ]

Surtout lorsque l’on sait que l’administration fiscale, de toutes les administrations, a été celle à s’être lancée le plus complètement et le plus durablement dans les réformes, faisant de ses coûts de gestion sa bête noire, effort qui, par la constance et les résultats, mérite d’être salué.

Aussi, pour bien faire, il faudrait démonter Dame publique et parapublique et lui supprimer le plus possible de rouages intermédiaires pour l’alléger au plus possible et ainsi lui permettre de descendre ses coûts . Voeu pieux : on ne peut pas démonter la machine sans la casser. On a bien tenté des réformes d’allègement de ci de là. En vain. Toujours plus lourde, toujours plus contrôleuse et contrôlée, la machine suit sa propre logique, faisant des fonctionnaires ses premières victimes, et les meilleurs d’entre eux, ceux qui ont des idées pour l’améliorer, de pures martyres.

La seule parade que l’on ait inventée est une absurdité en même temps qu’une démonstration et un aveu d’impuissance : la privatisation. Tant que l’on est resté dans les services marchands, pratiquement la privatisation des nationalisations antérieures, les choses se sont plutôt bien passées. Mais une fois arrivés sur le périmètre des compétences régaliennes de l’Etat cette solution n’est plus sérieusement envisageable : comment privatiser la police, la justice, l’armée ? Sans même aller jusque-là, des services marchands, par exemple les transports, restent dans la sphère de l’Etat, par exemple la S.N.C.F., tout simplement parce qu’il n’est pas possible de les privatiser autrement qu’à la marge, c’est-à-dire sur ses filiales, avec d’ailleurs des coûts indirects de cohérence.

Mais il faut néanmoins espérer qu’avec le temps et la volonté, nous terminerons dans toutes les administrations là où l’administration fiscale a si bien commencé, gagnant, année après année, des petits points de coût de gestion, un travail de ramasse miettes et d’alègement des structures, jusqu’à l’équilibre de gestion.

Une oeuvre possible donc ; mais de longue haleine.

Pourtant, cela ne marchera pas parce que cela ne durera pas : à cause des politiques.

La durée des mandats

Ce que met en évidence ce deuxième graphique c’est que la dette des collectivités et organismes publiques est inversement proportionnelle à la durée des mandats électifs de ceux qui les dirigent.

 

On ne changera pas le système électif non plus que la durée des mandats.

Pourtant, si nous voulions libérer nos élus de leur dépendance alccolique au prêt, le plus sûr moyen serait d’en supprimer la cause : leur peur de la non réélection. Le tableau démontre en effet que la dérive du recours au prêt est inversement proportionnelle à la durée des mandats.

Les organismes de sécurité sociale et de protection gèrent et contienent du mieux qu’ils le peuvent le deficit qui chez eux d’ailleurs n’est pas de gestion, même si certainement des progrès pourraient être faits sur ce ce terrain. Ils ne sont pas élus.

Les dirigeants des collectivités territoriales, dotés de mandats longs et peut-être moins menacés par la non réélection que les politiques "nationaux", soit qu’ils n’en vivent pas, soit, bien qu’en en vivant, leur charisme personnel ait plus de poids dans l’ élection que la politique elle même, ne sont donc pas condamnés à la surenchère des offres et des propositions si mangeuses de finances.

Certes, eux aussi, comme tout politique, ont recours à ces procédés clientélistes , qui pour la piscine,qui pour la voie rapide ou le ramassage des ordures ménagères. Certes, ils seront obligés, une fois arrivés au pouvoir, comme tout politique, de financer leurs promesses par l’emprunt surtout s’ils ne veulent pas se faire traiter de menteurss et ainsi ruiner leur carrière.

Mais d’une part, le cycle de la promesse n’intervient qu’une fois tous les six ans, et d’autre part, la proximité des électeurs oblige à des devoirs de sincèrité et de pédagogie, tous garde- fous qui n’existent plus ou moins dans la sphère de la politique "centrale".

La parisienne.

Chez " la parisienne" ce que montre le graphe, c’est que les défauts y sont démultipliés, et les garde-ous absents.

En effet, on vote et on gouverne au niveau national ; on ne finance plus les piscines municipales, mais par exemple les 35 heures. La moindre augmentation, le moindre avantage, même justifié, toujours intéressé par la réélection, se chiffre en huit zeros et plus d’emprunt. Au rythme non pas d’une mais de deux élections : la présidentielle, la législative ; pas pour six ans mais selon un cycle de cinq ans sans compter les élections intermédiaires à la réélection présidentialo-législative pour lesquels quelques mesures financées par l’emprunt seront votées , par "soutien", "pour tenir les territoires".

Des prêts en rafale.

De ce point de vue,il faut regarder la concordance des dates entre les deux élections, la présidentielle et la législative, comme une amélioration certaine de notre système dont les experts nous diront peut-être, plus tard, combien elle nous a fait économiser d’emprunts.

Tout cela sans aucun garde fou, même pas celui de la proximité car, dans "la Parisienne", il y a au moins un accord tacite, rendu nécessaire pour les besoins de la réélection : on n’évite de parler de la dette en évitant de se la reprocher mutuellement, le cannibalisme n’étant pas un mode ordinaire de conquête ou de maintien au pouvoir.

Quand, décidemment, l’emprunt sent trop mauvais,que la nation demande des comptes quand on lui demande des efforts, la Parisienne a sa réponse toute prête : la situation est sous " contrôle". Elle n’ose pas ajouter "son". Elle vous laisse le supposer.

A la lecture du graphe, le mensonge est peut être sous (son) contrôle, la situation certainement pas

Vous pouvez la croire ou non. Décider d’aller voter ou de vous abstenir. Ce sera pareil : en votant pour le camp adverse vous voterez pour leurs frères de lait. Et en vous abstenant, vous ne ferez la démonstration, qu’au fond, ils n’ont besoin que de leurs votes pour s’élire.

Cruelle vérité de leur démocratie.

Ce pourquoi, aussi longtemps qu’ils voudront reconduire leur réélection, ils reconduiront leur recours systématique à l’emprunt, leur modèle suicidaire.

Jusqu’à la ruine totale de nos finances.

Par instinct de leur survie.

A nos seuls dépens.

La spécificité structurelle de la dette de l’Etat français.

François DESVIGNES

Par francoisdesvignes
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Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 07:51
    http://iygkxw.bay.livefilestore.com/y1mfP4qmv4WfaE-T-L4eTkZnqJrSJhVlnWoaBAW4DnCJlvEaBgNvid8fdqV2XgsAr1I77P2U2j-hvV780gA9QPT1SP3DI-Ip3apjazM4H-jgnjbdSzR5RCfyuSNl6j0IKsviKkm5zGS9akkLDf1svolYQ/dette%20publique.jpg
 
La France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards d’euros d’endettement : elle est en faillite, sinon aujourd’hui, demain, inexorablement.
Cette série d’articles vise à démontrer la spécificité de la dette française quant au cumul de la dette avec l’impôt (I), quant au volume hors contrôle de la dette (II), quant à la la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatres raisons de son impossible apurement.
II LE VOLUME HORS CONTROLE DE LA DETTE
1700 milliards de dette publique est un montant hallucinant mais, pour autant, nous ne devrions pas en soi être impressionné par ces chiffres lorsque l’on sait qu’au lendemain des guerres napoléoniennes le Royaume-Uni avait fait grimper son taux d’endettement  à  250/300% de son P.I.B.      
       
Dans notre dernier article, nous avons tenté de démontrer que plus que l’importance de la dette en elle-même c’était son cumul avec des taux d’imposition élevés, sans pour autant parvenir à des budgets en équilibre, qui devait nous inquiéter, car, perdant ainsi la totalité de nos marges de manoeuvre,  inexorablement nous courrons vers la faillite.
       
Aujourd’hui, ce que nous allons tenter de démontrer, c’est la vitesse à la quelle nous courrons  sans jamais néanmoins perdre de vue que la masse de la dette a par elle-même un  effet synergétique et qu’ainsi, si le volume de la dette en lui-meme n’explique pas les causes, il en accélère les conséquences.
       
Donc, le volume  de la dette : les républicains (pardon d’être royaliste) disent souvent que la dette française est certes importante mais moindre que celle des Etats-Unis. Si l’on parle de dette publique, et de pourcentage de P.I.B., c’est absolument faux. Nous sommes un des pays les plus enettés au monde. L’assertion choque, cela ne fait pas très plaisir mais la vérité n’est pas là  pour nous flatter mais nous éclairer : la France est en 14e position des pays les plus endettés avec un taux d’endettement de 83%, soit dans le peloton de tête des cancres, avec le Zimbabwe, la Belgique, la Grèce. Le Japon est encore loin "au dessus" d’elle mais, au regard de nos taux respectfs d’imposition, ce n’est pas une  consolation http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vements_obligatoires.
     
Enfonçons le clou, vous ne me croiriez pas sinon : même l’Egypte et le Portugal, exsangues, sont mieux placés que nous en termes de pourcentage de leur P.I.B., de peu il est vrai (15e et 16 places). Où sont les U.S.A  malgré la politique interventionniste de Obama dans ce consert de la dette ? Pas si mal placés, en 36e  position, avec un taux d’endettement de 59 %. On comprend mieux pourquoi Obama sourit au Ouistiti quand le Ouistiti prétend lui donner des leçons de vertu  du haut de ses talonnettes. Il faut aller sur ce lien pour méditer le tableau et prendre la mesure de nos menteurs 
     
En définitive, les chiffres exacts ne nous intéressent pas, la comparaison des masses d’endettement entre pays nous édifie seul ; un bon croquis et tout est dit :1700 milliards de dette publique est un montant hallucinant mais, pour autant, nous ne devrions pas en soi être impressionné par ces chiffres lorsque l'on sait qu'au lendemain des guerres napoléoniennes
le Royaume-Uni avait fait grimper son taux d'endettement  à  250/300%de son P.I.B
     
En définitive, les chiffres exacts ne nous intéressent pas, la comparaison des masses d’endettement entre pays nous édifie seul ; un bon croquis et tout est dit :
    Fichier:Public debt percent gdp world map.PNG
 

   

Cette mappemonde de l’endettement est assez récente. Pourtant, elle est déjà dépassée. Les choses vont si vite. En effet,   comme nous savons que nous venons de franchir le taux de 80 % de dette publique, il nous faudrait normalement recolorier la carte en plus foncé chez nous et plus clair chez quelques uns de nos voisins : nous sommes dans le mauvais sens ; le Canada, par exemple,  est maintenant à 34 % de taux d’endettement. Bien vert.

Or, nous savons bien que, au jour du dernier jour de la crise, seuls les "verts" seront vainqueurs avec une capacité d’endettement intacte pour profiter à tout va de la reprise. Au contraire, "les marrons" devront mobiliser toutes leurs énergies restantes à l’apurement des dettes de leurs ainés sans rien pouvoir consacrer à leurs  investissements qui seuls leur permettraient de prendre une juste part à la prospérité retrouvée. Et quand nous voyons où sont les plus "verts" et encore plus, ceux qui s’en approchent et  ceux qui s’en éloignent nous comprenons deux choses :  pourquoi nous avions l’air si étonnés à l’instant et pourquoi, subitement, nous sommes devenus tout pâles et le sommes restés depuis....

D’autant que notre progression dans l’endettement est logarithmique, son logarithme étant l’illustration la plus évidente de notre défaut de maitrise, de notre nouvel état de failli :

 

 

   

Ca ne durera pas : prolongez la courbe, vous saurez quand nous mourrons.    

     

C’est pour cela que nous n’avons plus les moyens de savants raisonnements mais devons seul en revenir à nos bons instincts :  nous devrions avoir le reflexe d’arrêter le maudit compteur   http://cluaran.free.fr/dette.html  pour le faire repartir dans l’autre sens. Ce n’est pas le volume qui nous a rendu tout blanc à l’instant. C’est la progression logarithmique du volume. L’absence de contrôle de la dette ; qu’on nous cache, à nos dépens. C’est le sens et la vitesse du compteur qui nous fait passer du débat à l’ultimatum.

     

Mais les chiffres de l’endettement de la nation sont tels qu’ils sont au-delà de la compréhension de notre entendement moyen. Le chiffre exact ne nous intéresse d’ailleurs pas, seul le chiffre signifiant nous intéresse, c’est-à-dire par ordre de grandeur et par habitant. On peut faire plus clair en faisant plus simple : en vous demandant de lire ce qui suit en « sautant » les chiffres entre parenthèses, eux seuls exacts mais insuffisamment parlants car « illisibles ».    

     

Sans même regarder ce qui reste dans l’assiette de nos voisins, pratiquement les prélèvements obligatoires en France tournent autour de 50 % du P.I.B. (44%). Selon les dernières publications de l’I.N.S.E.E., fin 2008, la dette de la France représentait à l’époque  environ 70% (68 %) du PIB, soit 1300 milliards (1 328 milliards d’euros).  Elle a cru de 10% (9,8 %) en un an.  La quantité de revenus injectés dans l’économie par les mesures de relance en 2009-2010 a été proche de 45 milliards d’euros, soit 2 % (2,4 %) du PIB.  La dette a continué son inexorable ascension : après avoir atteint 80% en 2009 (77,1 %), elle a atteint 85 %  du PIB en 2010 (84 %).  Le déficit budgétaire  atteint traditionnellement  trois fois les montants consacrés à la relance (141 milliards d’euros) et sera donc reconduit  peu ou prou en 2011.  Ce qui signifie qu’à la vitesse du seul déficit budgétaire, la France augmente son endettement de 10% par an (8%).  Personne n’est devin mais il est vraisemblable, à moins d’un retournement improbable de conjoncture, qu’à l’horizon 2012,  l’endettement sera proche de 120% du P.I.B.  Lequel P.I.B. au mieux stagnera.  D’autant que tous ces malheureux chiffres ne tiennent pas compte des 900 milliards d’euros de retraite des fonctionnaires non provisionnés à ce jour, soit 45 points d’endettement supplémentaires.  C’est plus une dette, c’est un brasier.

Ces chiffres astronomiques sont au-delà de notre compréhension.

On peut donc faire encore plus simple : que l’endettement soit « calé » entre 80 et 100% ou 120% du P.I.B. et notre imposition « stabilisée »  autour de 50% du P.I.B. veut donc dire, au bas mot, que chaque Français est aujourd’hui publiquement endetté dans une fourchette de 120-130% de ses revenus annuels : les 50 % d’impôts auxquels il faut rajouter un bon 70% d’endettement, si vous voulez bien admettre qu’aucun Etat n’est totalement vierge de toute dette, même pas l’excellent élève russe. Et pourquoi cette addition entre les choux de l’impôt et les carottes de la dette ? Parce que ce sont les mêmes légumes : l’impôt payé est une dette évitée et la dette contractée,un impôt différé.

Donc au bas mot nous sommes à 130 % d’endettement public, soit bien au delà des 1700 milliards.

Le F.M.I. a calculé le P.I.B. par habitant en 2008 à 34 215€. Chaque Français est donc endetté publiquement de 41 000€, arrondis à 40 000€ correspondant aux 120% de 34 215€. Sur ces 40 000€,  il en paye chaque année 50/120 en impots (17 000€) et reconduit les 70/120 restants soit  (23 000€) en dettes différées qui ne cessent donc d’augmenter.L’écart de 3000 € avec les chiffres pris sur le compteur de la dette provient de ce que nous laissons 10 % de dettes résiduelles à l’Etat. Sinon, le compteur a raison : nous devons 26 000 € par habitant.

     

On raisonne « par personne » ce qui est faux. Le bébé, mamie sont comptés comme contributeurs dans le raisonnement "par habitant". C’est démagogique. Il faut raisonner par « feu », foyer fiscal.  Dans ce cas, comme il y a environ 17 000 000 de foyers fiscaux imposables en France, le hasard fait très bien les choses : chaque foyer,  après avoir payé ses impôts,  est encore endetté d’environ 100 000 € http://www2.impots.gouv.fr/documentation/statistiques/annuaire2003/index.htm

L’autre manière de prendre le calcul est de dire que la famille française est composée de papa, maman et de deux enfants si bien que les chiffres deviennent....quatre fois supérieurs ! Chaque famille française EN PLUS de son endettement privé doit le 1er janvier de chaque année : 160 000€ = 68 000€ + 92 000€. (Puisqu’ils ont bien été quatre à gagner "en moyenne" 40 000€ etc). Et donc, le 31 décembre, si tout va bien, la famille lambda ne doit « plus que » et « seulement » 92 000€ en espérant que l’Etat, les collectivités territoriales et notre système de protection sociale  n’aient pas aggravé la dette  entre temps ce qu’ils ne manquent pourtant jamais de faire. Bon, 100 000 euros.

Beaucoup de Français vont penser n’avoir jamais payé 68 000€ d’impôts par an, somme supérieure à leurs salaires. Non, mais si nous ne les avons pas payés c’est parce qu’on nous les a volés en amont !!! Sans que nous nous en apercevions. Par exemple, en les camouflant dans notre bulletin de paye sous le terme « cotisations patronales » qui ne sont que des cotisations ouvrières payées par le patron en notre nom sans que nous le sachions. « La cotisation patronale » n’est que le salaire des employés detourné par le patron sur ordre de Marianne. Vous voulez savoir combien vous auriez pu toucher si on ne vous avait pas volé en amont ?  C’est très simple : au bas mot le double de ce que vous avez effectivement touché en aval. Vous voulez le verifier ? Additionnez les cotisations ouvrières et patronales de votre fiche de paie. Le vol ne concerne pas les fonctionnaires ?  Il ne concerne pas les pauvres ? Qui par hypothèse n’en seraient pas victimes ?  C’est faux : le P.I.B. est la richesse commune de la nation ce que produit l’effort conjugué de tous.  Puisque le F.M.I. l’a calculé pour la France en 2008 à 34 215€ par habitant dans notre exemple du foyer fiscal cela donne un revenu moyen familial de  34 215€ x 4 = 136 860€ par famille. Vous voyez, on retombe sur les mêmes chiffres. Vous ne saviez pas que vous gagniez autant ? Ni que ce qui était apparemment gratuit vous coûtait si cher ? On vous a trompé ? C’est exact : mais bien au-delà de ce que vous pensez, ce que nous verrons sur d’autres pages...

En attendant, royaliste lucide ou républicain sincère, père, mère de famille ou célibataire, nous devons 100 000 €. En plus de notre endettement personnel.

Vous comprenez maintenant, Ouistiti,  pourquoi nous sommes devenus si pâles, tout d’un coup, en apprenant ces chiffres et si définitivement en colère après vous tous puisqu’il résulte de ces chiffres que vous nous avez tous escroqués.

Depuis 30 ans.

(à suivre)

François DESVIGNES





 

   


 


 
Par francoisdesvignes
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 12:40
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De la victoire sur Syagrius en 486 aux accords d' Évian du 18 mars 1962, la France a été en guerre quasi permanente circonstance qui a  façonné autant sa mentalité que sa culture. Depuis bientôt cinquante ans, soit près de deux générations, la France est en paix, circonstance inédite dans son histoire. Deux sociétés ainsi se côtoient, toutes deux françaises, et pourtant chacune étrangère de l'autre.


LA FRANCE, UNE HISTOIRE DE GUERRES
D’aucuns des lecteurs seront étonnés de lire que de 486 à    1962 la France était en guerre soit pendant très exactement 1476 ans de son histoire. Un record… C’est pourtant la stricte vérité car lorsqu’elle n’est pas en guerre, elle est en après-guerre    ou en avant-guerre. Elle la fait, s’en remet ou la prépare !
La plupart du temps profite de s’en remettre pour déjà la préparer, inlassablement, depuis sa fondation. Pas une génération n’en    fut épargnée, ne s’en est dispensée : guerre étrangère, guerre civile, guerre coloniale, guerre révolutionnaire, guerre religieuse, les Français sont    toujours en guerre, en après-guerre ou en avant-guerre.
La spécificité française vient de ce qu’elle a toujours été en guerre depuis sa création en ce sens que chaque génération a connu sa guerre, ayant à chaque fois mobilisé l’essentiel des forces vives du pays. Très tôt, l’État s’est donc construit sur des nécessités de guerre et l’impôt levé,  par exemple, l’a été le plus souvent à des fins de financement de la guerre
Dans cette culture de guerre, même  lorsque la France est en paix, elle est encore en guerre, en après-guerre ou en avant-guerre. Aussi, même lorqu’elle est en paix, elle n’oublie pas la guerre. 
Oui,  elle  profite de se remettre de ses guerres  pour déjà en préparer d'autres,inlassablement, depuis sa fondation. Pas une génération n’en fut  épargnée, ne s’en est dispensée : être français, c'est sinon porter l'uniforme du moins collaborer a la guerre,pourrait-on dire de 7 a 77 ans, toutes origines sociales, tous genres confondus.

Ce n’est que depuis 1962 que nos compatriotes  sont en paix et pour la première fois de leur histoire, depuis plus de deux  générations, bientôt 50 ans, sans même une petite perspective sérieuse de guerre à l’horizon.
 
Douce paix.
 
Quand on fait observer ce fait aux Français ils restent incrédules et souvent cherchent à minimiser l’influence des guerres sur le cours de leur histoire et de leurs  mentalités.
 
En réalité, c’est peu dire qu’elles ont façonné la mentalité collective des Français non pas seulement par leur fréquence mais également par leur importance.

Concernant la fréquence, deux récapitulatifs en annexe retracent l’histoire des guerres principales menées en France ou par la France de 486 à 1962. La liste interminable des conflits se passe de tout commentaire.
 
 Concernant leur importance, plutôt que de retracer des inventaires morbides trois chiffres suffiront à donner la mesure des engagements ou, pour le dire de manière plus
colorée, l’importance des saignées : à chaque fois ponctionnées dans les plus
jeunes classes nubiles de 18 à 35 ans.
 
 Donc, sous le bon roi Louis IX (SaintLouis), au beau milieu du XIIIe siècle, la France compte environ vingt millions d’habitants et, comme tel, le pays le plus peuplé d’Europe et de loin. Au XVIIe siècle, sous Louis XIV, sa population n’a pas tellement augmenté (les guerres toujours) : vingt cinq millions  d’habitants c'est-à-dire  autant que la Russie de l’époque. Score honorable. A l’aube de la première guerre mondiale, elle compte quarante millions d’habitants.  Les progrès de la science. Un siècle plus tard, soixante millions d’habitants alors que la Russie, diminuée par rapport au Tsar de toutes les Russies, compte encore cent quarante trois millions  d’habitants et qu’elle aussi dut payer son tribut de guerres et pas des moindres.
La France en guerres n’est pas une fiction mais une douloureuse et permanente réalité : ce sont de vraies guerres parfois très longues, comme la guerre de Cent ans, toujours
douloureuses ce dont rend bien compte la stagnation démographique française sur longue période et l’écart avec sa cousine russe. 


 
Dans cette France en guerres, le leitmotiv ne peut être la prospérité mais seulement la sécurité du groupe. Et dans une société de guerre, les objectifs communément admis ne
peuvent être les mêmes que ceux pratiqués dans une société de paix qui, n’ayant
pas à gérer sa sécurité, peut entièrement se consacrer à sa seule prospérité.
Il y eût des conflits, il y en a et il y en aura encore : on n’efface pas 1500 ans de
culture de guerre en 50 ans de paix. La culture de guerre est une culture
institutionnelle qui, sur l’autel de la sécurité du groupe demande beaucoup de
discipline et de sacrifice aux individus qui en aucun cas ne sont autorisés à
dire «JE SUIS». Si on est en guerre, la discipline est notre seule sauvegarde.
La nation en guerre ne veut donc voir qu’une seule tête, n’espère qu’une seule
attitude, le sacrifice personnel.
 
La culture de paix, que nous connaissons depuis 1962,  est inverse : elle a
besoin de toutes ses libertés et de tous les talents individuels pour faire pousser la prospérité. De ce point de vue, c’est une société essentiellement libertaire permissive et en tout contractuelle.


 

 
LE COMPLEXE FRANCAIS


 
Aussi la France,victime de son histoire, vit-elle dans ce paradoxe qu’elle est encore organisée pour la guerre mais vit dans la paix, que son État et ses mentalités restent
institutionnels alors que ses forces vives et ses individus sont déjà contractuels.
C’est en ce sens qu’il faut relire les événements de 1968 : la jeunesse contractuelle s’oppose au pouvoir institutionnel chacun avec sa logique propre et opposée. En somme, depuis les événements de mai 1968, la France n’en finit pas de se dés
institutionnaliser, de sans cesse rajouter du contractuel partout où elle le peut.
Du point de vue clinique c’est à proprement parler un schéma schizophrène. Et la névrose en politique n’est jamais une maladie durable.


 La France est devant cette alternative : soit elle rentre en guerre, soit elle devient
contractuelle.
Au fond, n’importe lequel de ces deux choix est admissible mais elle ne peut pas rentrer dans le XXIe siècle sans faire ce choix.


 
A moins de considérer qu’elle a déjà fait le choix de la société contractuelle à force de
privatisations de son secteur nationalisé, de refus réitéré de rentrer dans des
processus de guerre, de partout donner l’avantage à l’individu sur l’uniforme,
aux organigrammes horizontaux sur les organigrammes pyramidaux, au consentement
sur l’ordre, aux Français sur la France, à la liberté sur la contrainte.
Il y a ainsi une France institutionnelle et une France contractuelle qui se côtoient, se combattent et ne se comprennent pas.Tout les oppose. L'une en appelle à l'obéissance à la loi, au comportement citoyen,  à la sécurité et voit la guerre partout, et là où elle n'est pas, la met encore, judiciairement ou autrement. L'autre en appelle à la liberté, au consentement, au contrat, qu'elle veut mettre partout même là où ça ne se peut.
L'une n'est pas à droite et l'autre à gauche, ou l'inverse, mais plus logiquement, étant tous egalement vertueux ou humains, contractuels et institutionnels se répartissent en proportion égales dans chaque corps intermédiaire, de la famille à la nation.
 
 L'une se souvient de la guerre. L'autre ne veut voir que la paix.
Un jour nous choisirons ou l'histoire pour nous. 


 
Mais efface-t-on aussi facilement,  donc par nous-memes ou à la suite de  l'Histoire,1500 ans de culture de guerre et, encore plus certainement,  oserions-nous dire que pour être en paix depuis 50 ans, nous le sommes définitivement ?


 
Personne n'oserait cette bravade car tout le monde sait lire et personne n'a  perdu sa mémoire, comme le démontre les annexes : c'est en 2014 que nous aurons vraisemblablement la réponse...


 
 

 
François DESVIGNES

http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/var/gendarmerie_gr/storage/images/decouverte/2eme-regiment-d-infanterie/1200-5-fre-FR/2eme-regiment-d-infanterie_articlewide.jpg
 
LES PRINCIPAUX CONFLITS DE L’HISTOIRE DE FRANCE
 
LE MOYEN-AGE
 
 
481 : avènement de Clovis, roi des Francs saliens.
486 : victoire contre Syagrius, dernier représentant romain en Gaule.
496 : victoire de Tolbiac sur les Alamans.
500 : campagne contre les Burgondes.
507 : victoire des Francs contre les Wisigoths.
510 : Clovis seul Roi des Francs.
523-534 : conquête du royaume burgonde par les Français. 
537 : conquête de la Provence par les Français.
555 : Clotaire 1 er soumet la Bavière.
556 : Les Français soumettent les Saxons.
569-575 : raids des Lombards en Gaule.
579 : invasion des Bretons.
600 : reprise de la guerre entre Clotaire II, Tihert II et Thierry II : guerre civile.
613 : Clotaire II reconstitue l’unité du royaume et nomme à la tête de chacune des  provinces seigneuriales un maire du Palais.
614 : Clotaire II réunit une assemblée des Grands et publie un édit de paix : fin des guerres.
630 : campagnes de Dagobert contre les Frisons.
677 : reprise de la guerre entre la Neustrie et l’Austrasie.
680 : Pépin II maire du Palais d’Austrasie.
687 : Pépin II maire du Palais de Neustrie.
709 –712 : campagne contre les Alamans.
714 : mort de Pépin, Charles Martel maire du Palais d’Austrasie lui succède, soulèvement des Neustriens
716-720 : guerre et victoire contre les Neustriens.
720-725 : invasions arabes dans le sud.
732 : victoire sur les arabes à Poitiers par Charles Martel.
720-738 : conquête de la Germanie par Charles Martel.
736-739 : campagnes victorieuses contre les arabes en Provence.
743-746 : campagnes de consolidation en Aquitaine et en Germanie.
752-759 : conquêtes contre les arabes de la Septimanie.
754-756 : campagnes d’Italie contre les Lombards, Pépin restitue au Pape ses États.
760-768 : campagnes et soumission définitive de l’Aquitaine.
768 : mort de Pépin le bref.
773-774 : campagne de Charlemagne contre les Lombards.
778 : expédition d’Espagne (Roland et le col de Roncevaux).
799 : expédition contre la Bretagne.
811 : deuxième guerre contre les Bretons.
814 : mort de Charlemagne, Son fils, Louis 1er  lui succède.
818 : expédition contre les Bretons.
820 : premier raid normand sur la Seine.
824 : raid normand sur Noirmoutier.
834-854 : invasions normandes
856-861 : invasions normandes (pillage de Paris en 858 et 861).
858 : invasion de la France par Louis le Germanique.
859 : victoire de Charles le chauve contre Louis le Germanique.
888 : victoire du roi Eudes, nouvellement élu, à Mont faucon sur les Normands.
890 : installation des Sarrasins (arabes) en Provence.
898 : victoire de Charles III sur les Normands à Jaucourt.
910 : fondation de l’Abbaye de Cluny
911 : victoire de Chartres sur les Normands, les normands s’installent en……..Normandie (Traité de Saint-Clair-sur-Epte).
913 : début des raids hongrois en France (également 917, 924, 935, 937, 954).
920-922 : révolte des Grands contre Charles III qui s’enfuit en Lorraine.
923 : victoire des Grands à Soissons.
925 : pillage de Fréjus par les Sarrasins.
925-973 : guerre larvée contre les Sarrasins jusqu’à la reprise de la Garde Freinet.
978 : guerre pour la Lorraine contre Othon II empereur d’Allemagne.
985 : Reprise de Verdun.
1014 : La Corse est libérée des Sarrasins la chrétienté d’assiégée devient conquérante.
1046-1053 : campagne d’Italie, victoire sur l’armée pontificale à Civitella.
1066 : victoire de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, à Hastings, conquête de l’Angleterre.
1095 : prédication de la première croisade par Urbain II.
1096-1099 : première croisade.
1101-1137 : guerre contre les vassaux du roi de France.
1109-1119 : revendication de la Normandie par Henri 1er d’Angleterre.

1114 : apparition de l’hérésie cathare et extension dans le midi; fin de l’unité religieuse en France.
1123-1124 : nouvelle guerre entre Louis VI et Henri Ier.
1137-1138 : révoltes communales.
1147-1149 : deuxième croisade.
1154 : Henri Plantagenêt, roi d’Angleterre, du fait de son mariage avec Aliénor d’Aquitaine, répudiée par Louis VII,  domine la moitié ouest de la France.
1167-1169 : guerre franco-anglaise, paix de Montmirail.
1173 : reprise de la guerre.
1177 : traité de St. Rémy entre la France et l’Angleterre.
1181 : coalition des comtes de champagne, Bourgogne et de Flandre contre Philippe Auguste, roi de France.
1185 : traité de Boves fin des hostilités avec la Champagne et la Flandre.
1190 : départ de Philippe Auguste pour la Troisième Croisade.
1194 : conquête de la Normandie par le roi de France.
1194-1198 : guerre franco-anglaise défaite de Courcelles.
1202 : Philippe Auguste confisque toutes les possessions anglaises en France et ré envahit la Normandie.
1204-1208 : Philippe Auguste conquiert la Touraine, l’Anjou, le Poitou, Nantes, la Normandie aux Anglais.
1209 : début de la croisade contre les Albigeois
1212 : Victoire de Simon de Montfort contre le Comte de Toulouse à Castelnaudary, première défaite des Albigeois.
1213 : coalition anglo-germanique et des Flandres contre le roi de France.
1214 : victoire de Philippe Auguste à Bouvines contre la coalition : l’État est né.
1216 : deuxième campagne contre les Albigeois.
1216-1217 : débarquement en Angleterre par le prince Louis, défaite à Lincoln.
1217-1221 : cinquième croisade.
1218 : troisième croisade contre les Albigeois.
1224 : Louis VIII soumet le Poitou et la Saintonge.
1226 : quatrième croisade contre les Albigeois, conquête d’Avignon.
1228-1129 : sixième croisade en terre sainte.
1228-1235 : nouveaux soulèvements des vassaux.
1230 : débarquement des Anglais et d’Henri III en France pour la «reconquête».
1235 : la France et l’Angleterre signent une trêve de 5 ans.
1242 : Henri III débarque en France, victoires françaises de Taillebourg et de Saintes.
1243 : nouvelle trêve de 5 ans.
1244 : capitulation de la forteresse cathare de Montségur : restauration de l’unité religieuse.
1248-1254 : septième croisade sous la houlette de Louis IX (St. Louis).
1270 : huitième croisade.
1280 : révolte du peuple contre les oligarchies municipales.
1282 : vêpres siciliennes (massacre des Français en Sicile).
1284 : Philippe III lance la croisade d’Aragon, avènement de Philippe le Bel.
1294 : Philippe le Bel saisit le Duché d’Aquitaine, ouverture du conflit franco-anglais.
1296 : conquête de la Guyenne par les Français.
1297 : victoire française de Furnes sur les Allemands et les Flamands.
1300 : occupation de la Flandre par les Français.
1302 : massacre des Français par les Flamands (matines de Bruges), défaite française à Tournai.
1304 : victoire des Français sur les Flamands à Mons en Pévèle.
1306 : expulsion des juifs hors du royaume, confiscation de leurs biens.
1307 : arrestation de tous les Templiers et confiscation de leurs biens.
1314 : exécution de Jean de Molay, grand maître de l’Ordre du Temple, mort de Philippe le Bel, l’état  est pérenne.
1320-1322 : révolte des pastoureaux qui massacrent les juifs.
1323-1328 : soulèvements de la Flandre et victoire de Cassel sur les insurgés.
1334 : Édouard III d’Angleterre revendique la couronne de France.
1338 : massacre des  juifs.
1339 : débarquement des troupes anglaises.
1340 : défaite navale de Lécluse.
1347 : perte de Calais.
1348-1349 : en pleine guerre de cent ans, la peste noire (perte de la moitié de la population) !
1355 : reprise du conflit franco-anglais.
1356 : défaite de Poitiers, Jean II prisonnier.
1359 : Traité de Londres : perte de la moitié de la France et paiement d’une forte rançon pour la libération du roi et reprise du conflit, les États de la langue d’oïl n’ayant pas voulu le signer (les chevauchées d’Édouard dans le Nord de la France)
1361 : les routiers (mercenaires) ravagent le sud de la France.
1364 : victoire française de Cochère par Du Guesclin.
1369 : confiscation de l’Aquitaine aux Anglais par Charles V.
1370 : Chevauchées dévastatrices du Prince noir, fils d’Édouard III d’Angleterre.
1372-1373 : Conquêtes de Charles V de l’essentiel des possessions anglaises.
1372-1375 : la peste.
1375-1390 : les Anglais ravagent la France.
1380-1383 : révoltes fiscales.
1396 : signature d’une trêve de 25 ans entre l’Angleterre et la France (totalement épuisée).
1404 : reprise des hostilités par la France.
1415 : désastre français d’Azincourt, défaite d’Harfleur, tournant de la guerre de Cent ans, sortie progressive du Moyen-Age.
1418 : les bourguignons maîtres de Paris.
1419 : prise de Rouen par les Anglais.
1422 : Charles VII surnommé roi de Bourges par dérision.
1429 : Jeanne d’Arc et le siège d’Orléans.
1430 : Jeanne d’Arc prisonnière.
1431 : mort de Jeanne d’Arc.
1438-1439 : nouvelle épidémie de peste.
1439 : la taille devient permanente pour l’entretien de l’armée.
1140 : Praguerie (révolte des nobles contre l’autorité royale).
1441 : libération de l’Ile de France.
1445 : création d’une armée permanente.
1448 : reprise du Mans.
1449 : rupture de la trêve franco-anglaise, prise de Rouen.
1450 : victoire française de Formigny, reprise de Caen, Cherbourg.
1453 : prise de Bordeaux, victoire de Castillons, fin de la guerre de cent ans.
1465 : guerre de la ligue du bien public (révolte nobiliaire), victoire de Montlhéry.
1475 : Charles le Téméraire conquiert la Lorraine.
1476 : défaite de Charles le Téméraire à Morat.
1477 : bataille de Nancy et mort de Charles le Téméraire, Louis XI occupe la Bourgogne.
1480-1481 : annexion de l’Anjou, du Maine, et de la Provence après la mort du Roi René
1485 : la guerre folle (rébellion des princes) et paix de Bourges.
1486 : Maximilien d’Autriche attaque le nord du royaume.
1491 : prise de Nantes par les Français.
 
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LES PRINCIPAUX CONFLITS DE L’HISTOIRE DE FRANCE.
 
LES TEMPS MODERNES.
 
   
1494 : début des guerres d’Italie par Charles VIII.
1495 : victoire de Formue.
1496-1497 : perte du royaume de Naples.
1499 : Louis XII reprend les guerres d’Italie et conquiert  le Milanais.
1500 : victoire de Sforza.
1501-1504 : reprise et perte du royaume de Naples.
1511: début de la Sainte Ligue contre la France.
1513 : défaite de Novare, les Français évacuent l’Italie.
1515 : mort de Louis XII, avènement de François 1er, victoire de Marignan.
1521 : début de la guerre entre Charles Quint allié d’Henri VIII d’Angleterre et François 1er.
1522-1523 tentatives  d’invasions par les Espagnols au sud, les Impériaux à l’Est, les Anglais en Picardie.
1524 : défaite à la Sesia.
1525 : défaite de Pavie.
1529 : Paix des Dames, la France renonce à l’Italie.
1535 : répression contre les réformés.
1536 : reprise de la guerre contre Charles Quint.
1538 : trêve de Nice (prévue pour dix ans qui en durera quatre).
1542 : reprise de la guerre entre François 1er et Charles Quint
1544 : victoire de Ciceroles.
1547 : mort de François 1er, avènement de Henri II, persécutions contre les protestants
1553-1554 : opérations militaires dans le rd de la France entre Henri II et Charles Quint.
1557 : défaite de St. Quentin face aux Espagnols.
1559 : Traité de Cateau Cambrésis entre la France, l’Angleterre et l’Espagne.
1560 : les protestants essaient de kidnapper le roi.
1572 : massacre des protestants le 24 août (St. Barthélémy).
1574 : reprise de la guerre de religion (qui n’avait jamais réellement cessé).
1577 : le roi prend la tête des catholiques de la ligue.
1580 : prise de Cahors.
1585 : reprise de la guerre.
1589 : mort d’Henri III assassiné avènement d’Henri IV.
1595 : Henri IV déclare la guerre à l’Espagne, victoire de Fontaine Française.
1600 : déclaration de guerre à la Savoie.
1610 : assassinat d’Henri IV après 7 tentatives infructueuses, avènement de Louis XIII.
1624 : reprise de la lutte contre les protestants et victoire navale de l’île de Ré.
1627-1628 : siège de la Rochelle.
1630 : occupation de la Savoie.
1632-1633 : occupation de la Lorraine.
1635 : intervention de la France dans la guerre de Trente ans.
1640 : prise d’Arras et conquête de l’Artois.
1642 : conquête du Roussillon, victoire à la bataille des Fourches sur les Espagnols.
1643 : victoire de Rocroi sur les Espagnols.
1644-1648 : les Français occupent la rive gauche du Rhin, les Pays Bas et Dunkerque.
1648 : victoire française à Zusmarhausen sur les Impériaux, à Lens sur les Espagnols.
1649 : début de la fronde parlementaire contre le pouvoir royal.
1650 : début de la fronde nobiliaire.
1652 : victoire royale d’Étampes sur les frondeurs.
1653 : fin de la fronde.
1654 : sacre de Louis XIV.
1658 : bataille des Dunes, victoire sur les Espagnols.
1659 : paix des Pyrénées, fin de la guerre contre les Espagnols.
1662 : les Anglais restituent Dunkerque aux Français.
1667 : l’Espagne déclare la guerre à la France, prise de Lille par Louis XIV.
1668 : conquête de la Franche Comté par les Français.
1672 : début de la guerre de Hollande.
1673 : prise de Maastricht par les Français, coalition des Espagnols, Hollandais, de l’Empereur d’Allemagne, et du duc de Lorraine contre la France.
1674 : victoire de Sinzheim sur le duc de Lorraine.
1675 : victoire de Colmar sur les Impériaux, libération de l’Alsace. Victoire navale de Stromboli sur les Espagnols.
1676 : victoire navale d’Agosta sur les Hollandais, destruction de la flotte espagnole à Palerme.
1677 : victoire de Cassel sur les Hollandais.
1678 : prise de Gand par les Français.
1678 : Traité de Nimègue, fin de la guerre de Hollande, la France obtient l’Artois et plusieurs places fortes.
1681 : début des Dragonnades contre les protestants.
1684 : prise du Luxembourg par les Français.
1685 : révocation de l’Édit de Nantes : les protestants sont hors la loi.
1688 : début de la guerre de la ligue d’Augsbourg (l’Allemagne, la Suède, la Bavière, l’Espagne contre la France).
1689 : l’Angleterre déclare la guerre à la France.
1690 : victoires françaises à Fleurus, à Staffarde, et sur mer à Béveziers.
1692 : défaite navale  française à la Hougue, victoire française à Steinkerque sur les Anglais.
1693 : victoire de Neerwinden sur les Anglais, à la Marsaille sur le duc de Savoie.
1697 : traité de Ryswick mettant fin à la guerre.
1701 : début de la guerre de succession d’Espagne.
1703 : victoire française de Höchstädt sur les impériaux.
1704 : défaite de Blenheim face aux Anglos impériaux.
1706 : défaite de Ramilles.
1707 : victoire à Almansa.
1709 : défaite de Malplaquet.
1710 : victoire de Villaviciosa.
1712 : victoire de Denain.
1713 : traité d’Utrecht et reprise de la guerre contre les Impériaux.
1715 : mort de Louis XIV.
1733 : début de la guerre de succession de Pologne.
1738 : fin de la guerre de succession de Pologne par le traité de Vienne.
1741 : début de la guerre de succession d’Autriche, prise de Prague par les Français.
1743 : défaite française de Dettingen.
1744 : déclaration de guerre à l’Angleterre et l’Autriche.
1744-1748 : combats franco-anglais en Inde.
1745 : victoire française à Fontenoy sur les Anglais.
1746 : prise de Bruxelles par les Français, victoire française de Rocou.
1747 : victoire française de Lawfeld sur les Anglais.
1748 : prise Maastricht par les Français, traité d’Aix la Chapelle mettant fin à la guerre de succession d’Autriche, la France restitue toutes ses colonies.
1754 : combats franco-anglais pour la possession de l’Ohio, capitulation anglaise, échec de Dupleix en Inde.
1755 : blocus du Canada français par les Anglais.
1756 : début de la guerre de sept ans.
1757 : victoire française sur les anglais à Kloster, défaite de Rossbach face aux Prussiens.
1758 : défaite française à Krefeld face aux Anglo- prussiens.
Capitulation de Louis Bourg au Canada face aux Anglais, victoire française de Carillon au Canada.
1759 : défaite française à Minden face aux Prussiens.
Défaite navale de Belle Ile face aux Anglais.
1760 : capitulation de Montréal.
1761 : perte de Pondichéry en Inde.
1762 : prise de la Martinique par les Anglais.
1763 : traité de Paris, fin de la guerre, la France cède le Canada, le Mississipi et la Louisiane.
1777 : début de la guerre d’indépendance aux Amériques. Soutien français en sous-main.
1780 : envoi d’une armée en Amérique.
1781 : victoire franco-américaine de Yorktown.
1782-1783 : batailles franco-anglaises aux Indes et aux Antilles.
1783 : traité de Versailles mettant fin à la guerre d’Indépendance.
1789 : début de la révolution française.
1792 : la patrie est déclarée en danger, chute de Louis XVI.
1793 : Louis XVI est  guillotiné, déclaration de guerre à l’Angleterre, l’Espagne, la Hollande, levée de 300 000 hommes, soulèvement de la Vendée, guerre civile.
1795 : conquête de la Hollande, annexion de la Belgique.
1796 : campagne d’Italie par Bonaparte.
1797 : victoire de Rivoli.
1798 : expédition d’Égypte.
1799 : occupation de la Syrie, perte de l’Italie victoires françaises en Suisse et en Hollande.
1800 : victoire de Marengo et de Hohenlinden sur les Autrichiens.
1801 : La rive gauche du Rhin à la France (traité de Lunéville), évacuation de l’Égypte.
1802 : rétablissement de l’esclavage dans les colonies.
1805 : Napoléon envahit l’Allemagne; victoire d’Ulm, défaite de Trafalgar, victoire d’Iéna.
1806 : prise de Berlin, blocus contre l’Angleterre; occupation de Vienne, victoire d’Austerlitz.
1807 : victoire d’Eylau, de Friedland, Traité de Tilsitt, prise de Lisbonne.
1808 : occupation des États pontificaux, soulèvement de Madrid contre les Français, capitulation des Français à Cintra, évacuation du Portugal.
1809 : victoires à Eckmühl, Wagram, Ocana, conquête des Antilles par les Anglais.
1810 : apogée de l’Empire.
1812 : campagne de Russie, victoire de la Moscow, défaite de la Bérézina.
1813 : révolte de l’Allemagne, victoires de Lützen et Bautzen, victoire de Dresde, invasion de l’Aquitaine par les Anglais, défaite française de Leipzig.
1814 : campagne de France, abdication de Napoléon
1815 : retour de Napoléon, défaite de Waterloo.
1830 : révolution de juillet, prise d’Alger.
1843 : guerre franco-marocaine.
1848 : révolution de Février.
1849 : expédition militaire à Rome pour réinstaller le Pape.
1853 : occupation de la Nouvelle Calédonie.
1854 : guerre de Crimée, victoire d’Alma.
1855 : victoire de Sébastopol.
1858 : début de l’occupation d’Indochine.
1859 : prise de Saigon, guerre contre l’Autriche, victoires de Magenta et Solférino.
1862 : guerre du Mexique.
1867 : évacuation du Mexique.
1870 : la France déclare la guerre à la Prusse, défaite de Sedan, abdication de Napoléon III,  révolte de la Commune de Paris.
1871 : massacre des communards, perte de l’Alsace Lorraine.
1873 : fin de l’occupation prussienne.
1874 : la France occupe la Cochinchine.
1881 : La France instaure son protectorat en Tunisie.
1885 : La Chine reconnaît le protectorat français sur le Vietnam.
1891 : La France conquiert le Congo.
1893 : La France impose son protectorat sur le Laos.
1895 : création de l’Afrique Occidentale Française.
1896 : annexion de Madagascar.
1897 : La France crée l’Indochine.
1900 : La France participe à la guerre contre les boxers en Chine.
1904 : accord colonial franco-anglais.
1911 : coup de force allemand à Agadir.
1914-1918 : première guerre mondiale.
1923 : occupation de la Ruhr par les Français.
1939-1945 : deuxième guerre mondiale.
1945-1954 : guerre d’Indochine.
1954-1962 : guerre d’Algérie.
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Par francoisdesvignes
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 13:46

La France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards  d'euros d'endettement  : elle est en faillite, sinon aujourd'hui, demain, inexorablement.

 

 Cette série d'articles vise à démontrer la spécificité de la dette française  quant au cumul de la dette avec l'impôt (I), quant au le volume hors contrôle de la dette (II), quant à la la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatres raisons de son impossible apurement.

 

 

I LA SPECIFICITE DE LA DETTE & DE L'IMPÔT EN FRANCE

 

 

La normalité française

Une dette est un impôt différé et l'impôt une dette évitée.

 Il ne faut pas  reprocher «l’impôt» à la République : il a toujours existé et chacun comprend sa necessité ; Iil ne serait pas sérieux en singeant proud'hon de prétendre que l'impôt en générql celui de la france en particulier est un vol d'Etat.  

Sous l'Ancien Régime il éait toujours négocié en fait d'être imposé, le plus souvent par le vote aux Etats généraux. Pareillement, la République n’est pas voleuse au sens où on l’entend habituellement c'est-à-dire que sa gloutonnerie insatiable d’impôts ne constitue pas en soi la preuve de son vol manifeste, aurait-elle enrobé ses vols de promesses inconsidérées.

Et, pour sa défense, il faut dire que cette manière de voir de ses détracteurs, assimilant n’importe lequel de ses impôts au vol, quel qu’en soit le montant, est une démarche à la fois erronnée et démagogique.

Elle est erronnée parce que l’impôt voté par le parlement, censé exprimer la volonté générale, n’a jamais été imposé par surprise ou à l’insu du contribuable. Légalement s’entend.

Certes, ceux qui le votent ne sont pas toujours ceux qui le paient et le simple coup d’oeil sur la composition socio-professionnelle de nos assemblées suffit à démontrer que c’est en définitive plus souvent l’inverse qui se produit : une assemblée dont les membres sont issus par leur formation ou par  leur occupation de la fonction publique lato sensu link demandant aux forces vives de la nation de payer l’impôt, une noblesse de fonction républicaine régissant un Tiers-Etat impuissant, sans accès réel aux pouvoirs, définitivement noyautés par eux.

C’est un procédé grossier de confiscation de la démocratie.

Il ne faut donc pas faire le procès de l’impôt même excessif à la République et surtout pas en prétendant que parce que c’est une république son impôt est systématiquement injuste. Ou que parce qu’elle est noyautée par une oligarchie, l’oligarchie ne fait que ce qu’il y a de pire, surtout lorsqu’elle nous impose. C’est vrai que l’oligarchie est toujours arrogante. C’est encore plus vrai que la République est noyautée par elle. C’est vrai que son impôt est injuste comme tout ce qu’elle fait mais pour d’autres causes.

Au fond, aussi longtemps  que nous aurons la liberté d’aller et de venir, c'est-à-dire le droit inaliénable de lui claquer la porte au nez quand notre patience et nos deniers seront epuisés, on ne devrait pas parler de vol de la République mais plus sûrement de consentement forcé à l’impôt. L’impôt est certes voté mais le consentement à sa levée auprès des Français au lieu d’être préalable au vote lui est postérieur et au lieu d’être libre est contraint link.

Contraint par les discours culpabilisants des élus, jusqu'à la démagogie, à l’adresse des forces vives chargées de le payer, toujours dirigés à l’encontre de ceux qui vont être victimes de la nouvelle mesure, jusqu'au lavage de cerveau. Pour faire accepter ce que tout un chacun sincère finit par trouver inacceptable, les augmentations d’impôts sont toujours presentées comme exceptionnelles et temporaires, toujours avec des taux minimes pour commencer et donc comme tels insuffisants à déclencher une insurrection.

Par exemple, l’impôt sur le revenu a été voté pour la première fois en France  le 15 juillet 1914; il était de 2 % et à l’époque il avait declenché une vague de protestations sans précédent. Simplement comme seuls 1,7 % des foyers y était assujettis, l’insurrection n’avait pas plus de chances de voir le jour qu’un pétard mouillé de faire sauter l’assemblée qui l’avait voté. Le cancer va faire ses métastases : en 1980, l’impôt sur le revenu est devenu un impôt sur l’activité des personnes, l’immense majorité des Français ne tirant plus, dès cette époque, leur subsistance des fruits de leur épargne mais de leur  travail.  La tranche supérieure s’elève à 75% et 65% des foyers fiscaux y sont soumis.

Les dangers insurrectionnels ou d’exil fiscal sont alors réels à cause du caractère confiscatoire des tranches élevées et pour prévenir ces risques d’exode (car les riches ne montent jamais sur les barricades pas plus en 89 qu’aujourd’hui) les taux refluent pour la première fois de leur histoire en 2000, sous un gouvernement de gauche, et en 2007, sous un gouvernement de droite. Sous l’effet de l’émigration des riches de l’hexagone le taux marginal d’imposition est ramené à 40%, les droits de succession sont allégés : César n’obéit qu’à la menace.

Et ne craint que deux choses : sa solitude qui le rend vulnérable.  Et notre union déterminée qui nous rend invincibles.

Aussi, César en soumettant tout le monde à l’impôt, et de plus en plus, a-t-il ruiné l’impôt  !  

 Ce qu'il recommence à faire cherchant à revenir sur les baisses consenties antérieurement, le bouclier fiscal lui coûtant trop cher, aujourd'hui ceci, demain cela link  

Une dette est un impôt différé et l'impôt une dette évitée. 

Du côté de la dette, une critique de son montant, de sa structure ou de sa periodicité, au seul pretexte qu'elle serait française ou républicaine, ne serait pas plus légitime.

La dette est inhérente à l'Etat et à la guerre, les Etats finançant toujours leurs guerres par la dette, les ressources ordinaires de l'impôt étant insuffisantes à financer leurs engagements militaires ce qu'illustre le graphe suivant, celui de l'endettement du Royaume Uni   :

Ainsi, la dette britannique a représenté jusqu'à 300% de leur  P.I.B. au lendemain des guerres napoléoniennes et de la seconde guerre mondiale, des chiffres bien supérieurs à ceux que nous connaissons aujourd'hui link.

La spécificité française ne vient même pas, contrairement au titre annoncé, à ce qu'elle serait en faillite car sur ce terrain, si le fait est d'ores et déjà indéniable  comme il sera démontré, la France ne sera  pas la première à essuyer une faillite, par exemple celles, retentissantes et en chaine, de Philippe d'Espagne  en 1557, 1575, 1596, 1607, 1627 à comparer à celle partielle de la France en 1797 avec le vote de la loi du "Tiers consolidé", une littote signifiant que seul le tiers de la dette serait payée (et non sera)link...

 En matière de dette publique ou d'impôts ces tendances, mouvements de balanciers, coups de force et boomerangs ne sont donc  pas spécifiques à la République.

Car au fond, tous les Etats à toutes les époques adoptent des procédures analogues avec plus ou moins de bonheur et d’intelligence c'est-à-dire de mesure et de justice.

 

La spécificité française

La spécificité française est ailleurs. La spécificité républicaine encore autre part.  Ni l’une ni l’autre ne permettrait de qualifier la République de voleuse. De suicidaire oui, de voleuse non.

La specificité française vient de ce qu’elle a toujours été en guerre depuis sa création en ce sens que chaque génération a connu sa guerre, ayant à chaque fois mobilisé l’essentiel des forces vives du pays. Très tôt l’Etat s’est donc construit sur des nécessités de guerre et l’impôt levé l’a été à des fins de financement de la guerre. Dans cette culture de guerre, même  lorsque la France est en paix, elle est encore en guerre, en après-guerre ou en avant-guerre.

Aussi, même lorqu’elle est en paix, elle n’oublie pas la guerre.  Au contraire, même en paix,  elle ne sait que réparer la guerre précédente et préparer la suivante. Quand elle ne se trouve pas d’ennemis à l’étranger, elle s’en découvre à l’intérieur; quand ils n’existent pas, elle se les fabrique : guerre étrangère, guerre civile, guerre religieuse, guerre coloniale, guerre de décolonisation, guerre des croisades, en guerre, en avant-guerre, en pré-guerre et en après-guerre, dans sa culture de guerres tout est prétexte à des guerres et sa diplomatie se réduit le plus souvent au nombre de ses canons link. 

Aussi, la spécificité française est d’être traditionnellement surimposée et d’avoir en temps de paix une rentabilité de l’impôt et de l’Etat déplorables : ni l’un ni l’autre ne sont institués pour la paix et pour tout dire, en temps de paix, hors leurs environnements naturels, l’impôt ne sait plus comment se justifier et l’Etat ne sait plus comment se tourner.  

Total des prélèvements obligatoires, en % du PIB, dans quelques pays de l'OCDE, en 2005[12]
pays 1975 1985 1995 2005
États-Unis 25,6 25,6 27,9 27,3
Japon 20,9 27,4 26,8 27,4
Allemagne[13] 34,3 36,1 37,2 34,8
Espagne 18,4 27,2 32,1 35,8
Royaume-Uni 35,3 37,6 34,7 36,5
Italie 25,4 33,6 40,1 41,0
France 35,4 42,8 42,9 44,1
Suède 41,6 47,8 48,1 50,7
Suisse 24,5 26,4 27,8 29,7
Canada 32 32,5 35,6 33,4
moyenne OCDE[14] 29,5 32,7 34,9 36,2
UE-15 32,1 37,4 38,8 39,7

La France est traditionnellement surimposée par rapport à ses voisins car plus qu’eux elle finance des guerres.  

 Et c’est donc par l’endettement, toujours, qu’a été financé cet effort de guerre, le budget étant traditionnellement à peine équilibré c'est-à-dire sans les marges de manoeuvres nécessaires à des engagements extérieurs pour fait de guerre.Puis pour le service de la dette par une tradition de surtaxation par rapport à ses voisines.

 Mais retenez bien que le "Puis" est très important : d'abord le surendettement pour financer cette belliciste ; suivi de la surimposition pour le remboursement, jamais les deux à la fois. (en principe).

L'anomalie républicaine

La guerre étrangère en moins, le système est donc  resté inchangé de nos jours et le tableau supra autant que la remise en cause récente des allègements fiscaux illustrent tristement cette vérité. 

Sauf que le système s’est en plus aggravé pour cause de guerre économique : notre système d’imposition est non seulement un des plus lourds du monde mais notre endettement atteint 80 % du P.I.B  après les plans de relance, en constante augmentation depuis 1981 où il n’était que de 20%.2010-09-30T094522Z 01 APAE68T0R3Q00 RTROPTP 2 OFRTP-FRANCE-

 Pour le dire autrement nous sommes encore plus en état de cessation des paiements que Louis XVI qui  comparé à nous l'était à peine... quand nous le sommes absolument.

Et contrairement à l’idée communément reçue nous sommes les seuls dans cette situation si exceptionelle (et tragique) et pourtant si typiquement républicaine. Car nos voisins, eux, sont soit surendettés soit surimposés mais jamais les deux à la fois.

Nous si. 

C'est la nouveauté de l'exception française.

La spécificité française s'est d'être soit surimposée soit surendettée pour fait de guerre et l'anomalie républicaine, phénomène nouveau, sans précédent, c'est d'être surimposée ET surendettée sans aucun motif de guerre à avancer c'est-à-dire STRUCTURELLEMENT en banqueroute.

Par exemple, un Japonais est surendetté à hauteur de 200 % et plus de son P.I.B. Mais il est de ceux les moins imposés : en fait il a fait payer son impôt par la dette.

Un Suédois est surimposé. Mais il est "sous-endetté" ou à tout le moins dans un processus d'apurement de sa dette même si le Danemark fait beaucoup mieux qu'elle. En fait, chez eux les générations futures seront libres de toute dette.  

Le vrai mal français, sa triste exception, est dans ce cumul : l’Etat a surimposé les parents et surtaxés les enfants. Les parents parce qu’ils paient l’impôt, les enfants parce qu’ils devront rembourser la dette.

Dira-t-on, demain est un autre jour.  C’est vrai. Même si ce n’est pas très moral.  Et d’autres avant nous ont dit «Après nous le déluge». 

Si les budgets (Etat, collectivités territoriales et protection sociale) mangent 50% du P.I.B. chaque année, sans pour autant être en équilibre, et s’il faut en plus rembourser le capital des dettes d’hier pour un montant égal à 80 % du P.I.B., comment voulez-vous avec 100 payer 130 ? On va étaler la dette ? Si vous voulez.

 Mais déjà nous optons pour des solutions «subsahariennes». La qualité de notre signature va s’en ressentir. Mais admettons : rééchelonnement de la dette sur dix ans.

Mais alors parlons franc : nous avons bien volé les générations futures en leur imposant une dette que nous avons déjà entièrement consommée ! Et si nos budgets ne sont toujours pas en équilibre, autant dire les choses clairement et honnêtement : nous sommes en banqueroute.

C'est cela l’exception française.  Ou plus exactement républicaine.

 La dernière fois que nous y avons été confrontés, nous avons fait quatre choses: on a ruiné tout le clergé en leur volant tout ce qu’ils avaient pour un maigre profit. On a récidivé avec les biens des émigrés sans beaucoup de profit additionnel. Et donc comme cela ne suffisait pas, on a fait une troisième chose : on a spolié les banques avec la loi du tiers consolidé de 1797 en ne s'engageant plus à  leur payer que le tiers de ce qu'on leur devait. Comme cela ne suffisait toujours pas, on a fait la chose que l’on savait le mieux faire : on a fait la guerre à l’Europe entière pendant quinze ans imposant à nos vaincus des indemnités de guerre colossales.

  Pour en définitive aboutir à un désastre à la fois militaire, Waterloo, et démographique ; la France devra attendre un siècle pour se remettre des saignées des guerres révolutionnaires et impériales, entamant un siècle d’instabilité et de division, politique, morale,   économique : toujours à partir de cette date l'astre France est descendu dans le firmament des nations alors même qu’en essuyant des éclipses comme celle de la guerre de cent ans la France était toujours montée dans le concert des nations avant cette date.

Aussi, ne croyons pas qu’une dette est une dette et qu’on finit toujours par la rembourser.

Aujourd'hui, pour la France, encore moins qu'hier : elle a perdu le droit de se mettre en faillite en perdant sa monnaie ; pour des raisons analogues, et de bon sens qui l'honorent, elle ne peut davantage spéculer sur la fuite en avant guerrière ; elle ne peut pas augmenter les impôts sans asphyxier pour de bon le pays ; elle ne peut non plus augmenter son endettement, le seul service des intérêts étant déjà devenu le premier poste du budget, avant celui de l'Education nationale, 40 % de son montant, que l'impôt sur le revenu lui-même ne permet plus d'amortir.

Sire, gardez-vous à droite ! Sire, gardez-vous à gauche ! Elle avance un pas de plus dans l'endettement, elle tombe ! Elle recule dans l'imposition, elle s'écroule ! Elle relance, elle s'effondre ! Elle serre toutes les vis, elle s'asphyxie !

Elle vient, avec le service des intérêts de la dette devenu premier poste du budget,  de perde toute liberté de manoeuvre.

 Le signe de croix est son seul salut et l'enfer qu'elle vient d'ouvrir son seul avenir. (à suivre)

François DESVIGNES

 

 

Par francoisdesvignes
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