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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 06:08

 

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La République française a commis la même erreur que la Monarchie, sécrétant en son sein des ordres privilégiés déconnectés, sans plus aucune empathie avec la Nation qui pourtant les nourrit. Les mêmes causes devant entrainer les mêmes effets, voici ci-après le pourquoi et les mécanismes de notre très prochaine et probable révolution.

 

 

La France d’en haut aurait pu assurer sa pérennité si son arrogance ne l’avait pas rendue si oublieuse de son histoire.

En effet, cette France d’en haut, comme elle se nomme, n’a en définitive de “haut” que sa présomption. Par le choix de cet épithète, cette France des 3000 qui nous assujettit au lieu de nous gouverner, comme sous l’Ancien Régime, nous fait la confidence, l’aveu, qu’elle n’est plus qu’une oligarchie toute accaparée à la seule gestion de ses carrières professionnelles, à la reconduite sans fin de ses privilèges.

Elle ne passe plus son temps, en fait de gouverner, qu’à assurer l’hérédité de ses trônes à leurs “princes Jean”, pourtant le plus souvent monuments de fatuité, en plus d’être parfois la risée du monde. De ce constat de la dégénérescence de notre vie politique, nos pères de la Révolution en avaient déduit que le noblesse et le clergé étaient les sources de tous leurs maux, et certains d’entre nous, à leur tour, déduisirent que la France d’en-Haut n’était qu’un ramassis de “tous pourris” selon le refrain un peu rapide de M. Poujade.

Mais, ce faisant, à force de nous complaire dans la confusion des personnes et des fonctions, nous ne sommes pas tellement plus intelligents ni tellement mieux avertis que nos pères, et d’ailleurs plutôt moins.

Lafonction de gouvernance

 

Dans tout Gouvernement, il y a toujours eu une “noblesse” et “un clergé”, de tout temps, car quels que soient les noms que nous leur donnerons, les fonctions inhérentes à la gouvernance persisteront.

Ce pourquoi, à la différence de Poujade et de quelques autres, il est de notre intérêt pour la compréhension de notre malheur et l’efficacité consécutive de notre combat de toujours plus délaisser le discours sur les personnes, sauf pour en rire, pour ne s’attacher qu’à l’étude des fonctions et leurs mécanismes, pour ne plus avoir à les subir.

De tout temps, donc, il n’est que deux ordres gouvernants dans toute société : la noblesse et le clergé.

Le Tiers-état n’est pas un ordre à proprement parler mais la somme de tous les ordres mineurs non gouvernants, une apparente salade niçoise de la politique, la récapitulation de toutes les minorités nationales du territoire ; soit le peuple en ses entiers. Car, circonstance qu’oublie trop souvent nos ordres privilégiés, si le Tiers-état ne gouverne pas à raison de son hétérogénéité il contrôle ….et sait très bien sanctionner, tirant de son hétérogénéité même l’essentiel de sa puissance.

Si donc la fonction du peuple est de contrôler et la sottise des gouvernants d’imaginer qu’ils pourraient durablement les en empêcher, quels sont les fonctions de la noblesse et du clergé, et sous ce terme de nos jours, que faut-il entendre ?

La noblesse dit le droit.

Le clergé dit la morale.

Tous les deux participent du pouvoir, l’un soutenant l’autre.

D’un côté les trois pouvoirs qui “disent le droit”, l’exécutif, le législatif, le judiciaire, avec leurs acolytes, haute fonction publique et système des partis politiques. C’est tout l’appareil d’État de gouvernement ET son opposition dont la fonction n’est pas “d’empêcher” mais “de compenser” pour assurer la continuité et la pérennité du système. L’alternance elle-même obéit à cette règle. C’est la noblesse.

De l’autre côté, le clergé, ordre unique aux multiples facettes des groupes de pression, syndicats, médias de toutes sortes, universités, nébuleuse des écoles et chapelles, toujours dans le système, le confortant et le justifiant, chargé de “dire la morale”, de ce qu’il est convenable de penser et de ce qu’il est préférable de taire, jusqu’à la manière de le penser et la façon de le taire.

Normalement, le premier groupe est dans l’action, exécutive, législative, judiciaire, chargé d’apporter des solutions concrètes de gouvernement aux problèmes qui lui sont posés ; la gestion et la guerre sont ses métiers alors que le second groupe est par nature dans la réflexion, le débat, la messe, le sermon, et la confession. Aux premiers la gloire et les honneurs, aux seconds l’intelligence.

Normalement encore, la séparation entre les ordres est une nécessité primordiale pour la quiétude et l’efficacité de la gouvernance. On ne pourrait accepter sans risques le mélange des genres, que ceux qui sont dans l’action se croient intelligents ou inventeurs, ou que ceux qui sont dans la réflexion se croient capables ou courageux. Le transfuge est normalement interdit ou lorsqu’il est exceptionnellement ouvert sans possibilité de retour aucune : Charles Quint est rentré terminer ses jours dans un monastère pour ne plus en sortir. Et avant qu’il n’y rentre, on exigea de lui son abdication définitive.

 D’ailleurs, cette porosité entre les ordres est la marque la plus éloquente de la fin d’un régime ; en quelque sorte, nous avons initié la révolution française lorsque nous avons cru devoir retenir les offres de service du cardinal de Richelieu. A moins de considérer qu’il ne fut, comme Talleyrand, qu’un faux clerc mais un vrai ministre. Et dans le même ordre d’idées, nous commettrions peut-être une autre erreur en retenant la candidature toute cléricale du président du F.M.I. pour la gouvernance de la France ; ce puissant abbé de la finance internationale a définitivement quitté la galaxie de la noblesse, à supposer qu’il y fût jamais rentré, lorsqu’il prit son poste à Washington. A moins de considérer que le F.M.I. est un ordre d’action et non de réflexion sous prétexte que l’argent est tout alors que nous savons bien que si l’argent est tout, il est tout sauf la politique, un simple moyen et non une fin.

L’exemple le plus célèbre des conséquences néfastes de la violation de la séparation entre l’ordre de l’action et l’ordre de la réflexion est celui du Frère dominicain Savonarole qui crut indispensable de sortir de son monastère pour instituer la république théocratique de Florence de 1494 a 1498 ce qui lui valut, en vertu du pouvoir de contrôle du Tiers-état, de terminer sur le bûcher en paiement de ses excès …. concernant sa police de la pensée.

Comme quoi les vraies constantes en politique sont plus intéressantes que les faux changements.

Et à bon entendeur, salut.

Celui qui est dans l’action ne devrait donc pas être dans la réflexion et inversement. Il faut s’en tenir à cette règle ou renoncer à gouverner ; cette règle qui n’est que l’application intégrale de la séparation nécessaire des pouvoirs plaidée tant par Montesquieu (De l’Esprit des Lois), que Tocqueville (De la Démocratie en Amérique) ou Robert de Jouvenel (La République des Camarades). Mais avant même qu’elle soit exposée ou plaidée par ces brillants auteurs, de tout temps cette règle séparative fut instinctivement appliquée puisque toute l’histoire des États se réduit à leurs efforts ininterrompus visant à consacrer l’instauration de cette loi dans leur pays : celui qui parle est interdit d’action. C’est donc en construisant un pouvoir en tranches séparées que l’on a construit la démocratie.

Évidemment, vu ainsi, certains seraient sans doute mieux inspirés de “se taire” s’ils envisagent de nous gouverner un jour.

Mais, la boutade mise à part, la summa divisio du pouvoir entre ordre de réflexion et ordre d’action produit des conséquences inattendues : il n’appartient pas à un ministre de dire la morale en mettant sur un fait divers qui lui déplait des accents circonflexes sur toutes les nombreuses voyelles de son indignation. Car ce faisant, il mélange les genres : la voyelle et son accent circonflexe sont les privilèges de l’ordre de la réflexion. De même, il n’appartient pas au clergé de la République, en plus de proposer une réforme qu’elle pense juste ou nécessaire, de dicter à l’exécutif la manière de la mettre en œuvre.

Me direz-vous, ces distinctions de prérogatives sentent la naphtaline, le rétablissement d’une étiquette de Cour révolue.

Mais je ne le pense pas, surtout si nous acceptons d’appliquer plus l’esprit que la lettre de cette règle immuable et inhérente à toute gouvernance : le pape Urbain II appelle toute l’Europe chrétienne à la première croisade mais ne se déplace pas à Jérusalem pour autant. Allez comprendre… Et pourtant c’était en 1095, c’est tout dire de la constance de la règle.

En quelque sorte, pour la civilité des rapports entre noblesse et clergé, il faut leur imposer de rester polis et respectueux de leurs prérogatives respectives en les cloisonnant….. ce qui devrait nous permettre à nous, Tiers -état, d’encore mieux les contrôler.

Enfin, pourquoi nous cacher plus longtemps que cet enseignement sur les deux fonctions en politique en cache un autre : la loi de 1905 n’est au fond que l’application cultuelle de cette règle intangible, laquelle est elle-même le fondement organisationnel de notre démocratie…. (attention j’ai peur que certains s’étranglent) …depuis Clovis…. (attention à la syncope)… à cause de l’adhésion du pays au modèle chrétien qui est, outre le négatif actuel le plus intransigeant de la théocratie, l’inventeur le plus passionné de la laïcité et plus généralement de la séparation absolue entre le spirituel et le temporel, le religieux et le profane, l’action et la réflexion ? Et si les ministres du culte catholique ont été par le passé les plus piètres serviteurs de ce modèle pourtant rappelé tout au long du Nouveau Testament, cela ne retire rien à la pertinence du message : c’est le christianisme qui a été historiquement l’inventeur de la démocratie.

Personne ne nous demande de croire ; pas même les chrétiens. Mais ne soyons pas christophobes au point de nous priver d’une des clés de compréhension de notre vie politique et au delà de l’organisation et de l’efficacité de nos gouvernances temporelles. Nous ne sommes plus au temps de la république des trois Jules et il serait donc temps de prendre un peu de recul sur la question cléricale, c’est-à-dire un peu plus de science et de réflexion et un peu moins de militantisme partisan d’instituteur primaire ou de curé paranoïaque.

Cette question de la séparation de tous les pouvoirs entre eux, pierre angulaire de la démocratie, introduit tout à fait à propos la double question du serment et de la mission des ordres de gouvernance.

Au fond, dire que la gouvernance de toute société se répartit en deux fonctions d’action et de réflexion est un truisme.

De même relever que la pierre angulaire de la démocratie est justement la séparation des pouvoirs non seulement à l’intérieur de la fonction nobiliaire en pouvoir exécutif, législatif et judiciaire mais encore plus nécessairement entre la fonction d’action et la fonction de réflexion est une quasi lapalissade : nous ne pourrions pas soutenir, sans nous contredire, que la théorie des trois pouvoirs de Montesquieu est un axiome démocratique tout en renonçant à une stricte séparation entre l’ordre de la réflexion et celui de l’action.

En réalité, il nous faut donc aller plus loin.

Car toutes ces belles observations, si elles nous disent bien qui est qui et qui fait quoi ne nous disent pas comment ils le font ?

C’est le serment et la mission qui répondent à ces questions.

 Le serment.

 Les ordres de gouvernance ont besoin d’un serment préalable auquel se référer pour exercer leur mission, soit dans l’action, soit dans la réflexion.

Chaque société a son serment mais aucune société ne pourrait en changer sans prendre le risque d’en mourir et, encore plus sûrement, se suiciderait en maintenant en son sein un double serment incompatible. Le changement de serment est un abandon, un reniement. La coexistence d’un double serment est un mensonge continué, une trahison.

L’Empire de Rome doit sa perte d’être né avec les dieux de l’Olympe tout en s’étant converti au Dieu des chrétiens. Elle est morte d’avoir cultivé un double serment antinomique en son sein pour faire ensuite le choix d’abandonner celui de ses pères pour adopter celui des chrétiens.

Et toutes les sociétés qui, comme Rome, ont cru pouvoir changer de serment ou cultiver une polygamie du serment, comme Rome, en sont mortes.

Le serment est invariable, immuable, il est l’acte constitutionnel de la constitution, la cellule A.D.N du groupe. Vous pouvez changer de constitution, de régime, renverser des rois et même changer de religion ou de chapelle mais vous ne pourriez pas changer de serment.

Dans l’ordre normatif, il est au faîte du bloc de constitutionnalité c’est-à-dire à la tête de la tête de toutes nos normes juridiques. Tout notre système normatif ne découle que de lui, source première de toutes les causes et cause unique de toutes les conséquences. Le posséder c’est tout comprendre de nos 1500 ans d’histoire ; l’ignorer ou se méprendre sur son contenu c’est se condamner aux contre sens.

Le serment n’est pas toujours écrit, d’ailleurs rarement. Mais, étant immuable et constitutif du groupe, il est toujours originaire ; et c’est donc toujours dans les origines du groupe qu’on le découvre et dans sa résurgence actuelle qu’on le vérifie.

Il faut donc (re)découvrir ce qu’il y a de commun entre Clovis et De gaulle, leur loi fondatrice à laquelle ils ont prêté serment et juré fidélité et derrière eux et avec eux tous “les Francs” sans interruption depuis Clovis jusqu’à De Gaulle.

Pour nous, Français, cet exercice n’est pas si difficile car nous avons la chance… d’avoir écrit notre serment ! Mais bien après son adoption par Clovis.

Ce serment est celui dit du décret salique. En voici le texte :

«La nation des Francs, illustre, ayant Dieu pour fondateur, forte sous les armes, ferme dans les traités de paix, hardie, agile et rude au combat, depuis peu convertie à la foi catholique, libre d’hérésie. Elle était encore sous une croyance barbare. Mais avec l’inspiration de Dieu, elle recherchait la clé de la science, selon la nature de ses qualités, désirant la justice, gardant la piété. Alors la loi Salique fut dictée par les chefs de cette nation qui en ce temps commandaient chez elle … Puis lorsqu’avec l’aide de Dieu, Clovis le chevelu, le beau, l’illustre roi des Francs eut reçu le premier le baptême catholique, tout ce qui dans ce pacte était jugé peu convenable fût amendé avec clarté par les illustres rois Clovis, Childebert et Clotaire.

 Et ainsi fût dressé ce décret : Vive le Christ qui aime les Francs ! Qu’Il garde leur royaume et remplisse leurs chefs des lumières de sa grâce ! Qu’Il protège l’armée ! Qu’Il leur accorde des signes qui attestent leur foi, leur joie, la paix, la félicité ! Que le Seigneur Jésus Christ dirige dans le chemin de la piété ceux qui gouvernent !

Car cette nation est celle qui, petite en nombre, mais brave et forte, secoua de sa tête le dur joug des Romains et qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, orna somptueusement les corps des saints martyrs que les Romains avaient consumés par le feu, mutilés par le fer, ou fait déchirer par les bêtes …»

(Traduction de l’abbé Lemann d’après les Leges Salicae illustratae de Godefroy Wandelin. Anvers 1649)

En préliminaire du commentaire de ce texte , il faut clairement préciser, contrairement à ses apparences, qu’il n’est pas un texte religieux ; il n’est pas l’apologie de la théocratie mais son très exact inverse.

La partie la plus importante du décret est certainement le dernier paragraphe : “Car cette nation…” Que la nation soit brave illustre et courageuse devant les Romains, c’est bien. Mais toutes les nations se prétendent telles. Qu’elle ait reconnue la “sainteté du baptême” est déjà plus intéressant. Qu’elle ait cru en conséquence nécessaire de faire des martyrs romains ses héros change tout.

La sainteté du baptême : dans la Tradition chrétienne il y a les baptisés dans l’eau ( les chrétiens normalement gentils) et les baptisés circoncis de cœur (les idolâtres païens ou athées néanmoins gentils).Puisqu’ils sont tous gentils il iront tous un jour au paradis. Reconnaitre la sainteté du baptême revient à dire deux choses 1/ que tout démocrate est français de cœur ou de naissance quelle que soit sa religion pourvu qu’il soit gentil-démocrate .et 2/ puisque le baptême est saint, tous les hommes sont fils de Dieu et en cette qualité tous libres et égaux dans la dignité la plus haute quel que soit leur degré de démocratie.

Les martyrs décorés : ce sont des supers Français. Puisqu’ils sont morts pour la loi précédente (tous libres et égaux dans la dignité la plus haute), engagement prouvé qui, vous en conviendrez, a une autre tenue que les vociférations indignées mais sans risques de certains, donc, puisqu’ils sont morts pour la reconnaissance de la liberté et de l’égalité de TOUS, quoique de nationalité étrangère, ils sont Primus inter pares des Français. C’est-à-dire premier dans la dignité la plus haute du peuple le plus illustre. Faisant ainsi de l’engagement, en même temps que la conséquence nécessaire du serment, le devoir le plus absolu du Français.

Le serment s’impose alors de lui-même:

Tout Français travaille à ce que Tous les hommes soient toujours plus libres et égaux dans la dignité la plus haute et regarde cet engagement comme le devoir le plus absolu de son appartenance.

Qu’il croit ou non.

 Le nombre de Français vient donc sur l’instant de…. légèrement diminuer…

Et force est de constater que nos Français ne se sont pas toujours trouvé là où on les attendait ni là où on les espérait…

Comme le disait si bien Bernanos : “Être français n’est pas un droit mais une responsabilité”.

 

 La mission

Le serment est intangible, la mission est contingente. Elle varie en fonction de son temps. C’est l’application de la feuille de route du serment aux contingences du temps par les deux ordres de gouvernance, la noblesse et le clergé.

La difficulté de la démonstration provient essentiellement de la séquence retenue : nous prenons moins de risque de nous tromper en définissant une mission sur une période historique longue que sur une période d’actualité plus courte. Il faut choisir entre la clarté synthétique fausse et l’exposé exhaustif inutilisable.

Sur une séquence par grande périodes de 4/5 siècles cela donne ceci :

500-987 : l’œuvre mérovingienne puis carolingienne a été de donner la Pax Christi et le serment que nous venons de voir aux territoires européens (le Saint Empire). L’œuvre a commencé avec Clovis qui réalise l’unité de son royaume franc en 510 et s’achève avec le couronnement de Carolus magnus en 800 sous le titre d’Empereur très chrétien d’Occident. Cinq siècles pour nos fonts baptismaux.

987-1515 : l’œuvre capétienne (Hugues Capet est élu roi en 987) puis Valoisienne a été de donner un État à la France c’est-à-dire une sécurité juridique aux Français, un état de droit. C’est très important : à partir de 987 tout Français est une personne titulaire de droits et d’obligations et ne peut avoir d’obligations qu’en contrepartie de ses droits. L’État français est un État de droit en plus d’être traditionnellement humaniste à cause de l’éclairage de son serment. Sur ce sujet de l’humanisme, ce n’est pas l’État de France. C’est l’État des Français. Le Christ qui est leur Roi est Roi des Français. Il n’est pas Roi de France. Le roi de France c’est Capet, Valois, Bourbon. Ces rois là s’écrivent avec un “r” minuscule. Français et rois de France ont fait, convaincus d’être sous la protection de leur Christ-Roi, Roi des rois et Roi des Français, en ce compris le roi, plus que construire un modèle, ils l’ont offert, enseigné à l’Europe. En vertu du serment. Ce pourquoi le droit anglais de la common law… n’est autre que du droit français de Saint Louis ! Il ne s’agit pas non plus, contrairement à ce qu’a soutenu la propagande anticléricale, d’être papiste, lèche cul de Rome : c’est tout l’inverse. En vertu du serment, nos rois avec l’aide des Français, nous ont préconstruit la laïcité. Car, pour ceux qui ont un peu ouvert les Évangiles, le premier à avoir inventé et proposé le concept de la laïcité est précisément le Christ. Et personne d’autre ni mieux que Lui depuis.

1515-2015 : à partir de la Renaissance États, état de droit et territoires sont pratiquement installés. On se disputera encore mais ce sera du peaufinage ou de la convoitise. Définitivement, Valmy est une bataille inutile, une de plus. L’enjeu (en vertu du serment) est ailleurs : la construction de la démocratie représentative. Nous devons cette nécessité autant à la suite du raisonnement des siècles qu’à l’invention de Gutemberg. La logique de l’Histoire tend vers ce résultat. Mais l’imprimerie rend ce résultat urgent. Cette révolution technologique a accéléré et bouleversé le monde encore plus sûrement que la découverte des Amériques.Toute l’histoire des temps modernes n’est que celle de la construction de la démocratie représentative et son perfectionnement par l’instauration des libertés publiques. La monarchie française est morte de ne pas avoir su accompagner ce mouvement. Et de n’avoir pas su l’accompagner que pour avoir oublié son serment. Si Louis XVI, et encore plus la Cour, car Louis XVI avait parfaitement compris ces enjeux,  dans un sursaut de lucidité, avait imposé le vote par voix et non par ordre aux États Généraux, nous serions encore en monarchie. Et nous ne lui avons coupé la tête que sur ce quiproquo : son attitude nous avait persuadés qu’il était contre le serment (un dommage collatéral de la fonction de contrôle).

Nous vivons une époque difficile, nous fermons notre époque : fin de siècle, fin de période, fin de millénaire.

Nous entamons une époque formidable, nous ouvrons une ère nouvelle : nouveau siècle, nouvelle période, nouveau millénaire.

Le serment immuable reste inchangé, quelle sera la mission ?

Si l’internet fait pendant à Gutemberg, alors la mission qui s’ouvre sur la nouvelle période n’est pas celle de la démocratie représentative continuée mais celle de la démocratie directe initiée, qui deviendra bientôt une démocratie directe permanente c’est-à-dire une démocratie directe en permanence, couronnement de la démocratie tout court, elle même résultat ultime du serment : le tiers État va gouverner en permanence et non plus seulement ses représentants en son nom !

Si le serment reste immuable, la construction d’un État impersonnel unique au dessus des nations en substitution de la souveraineté des états nationaux procède d’une dyslexie suicidaire : aux dimensions de l’Europe, puisque c’est de cela dont il s’agit, pour respecter le serment, puisqu’il ne peut s’agir que de cela, nous ne devrions pas construire un État a-national désincarné au dessus des états nationaux historiques mais son exact inverse ; non UN État européen; ni même les États-Unis d’Europe ; mais les Nations-Unies d’Europe. Soit la version réactualisée du Saint empire, bien connu de nos cousins allemands, nos frères francs d’outre Rhin.

Que fait notre classe politique, noblesse et clergé confondus ?

Le contraire de ce programme.

Elle nous fait rentrer dans le siècle et le millénaire à reculons. D’ailleurs, elle ne conjugue plus ses discours qu’à l’imparfait.

 Sur la démocratie directe, même les partis non gouvernementaux comme le F.N  rejettent l’option : nous ne serions pas prêts (…) link

Sur la construction des Nations Unies d’Europe, et non d’un État unique impersonnel supranational en substitution des États nations, nous leur avons dit tout le mal que nous pensions de leur mauvaise copie lors du référendum sur la constitution européenne mais ils sont passés outre nos volontés avec le traité de Lisbonne.

Que pensez-vous qu’il adviendra devant un tel mur d’arrogance et d’archaïsme ?

Faites-leur donc cette dernière charité de leur demander d’ouvrir leur livre d’histoire à la page du 21 janvier 1793.

Avant que nous ne fermions le siècle et le millénaire.

Sans eux.

François DESVIGNES

 

 

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commentaires

francoisedecoeur 28/02/2011 15:48



Bonjour Mr. Desvignes,


Je viens de tomber sur votre blog et je trouve cet article  bien clairvoyant si je puis le dire.  Ce qui est bien, c'est que vous parlez de l'avenir de la France en evoquant
l'Histoire de la France comme une sorte de guide et non pas comme les politi"chiens' qui n'arretent pas de prendre les francais pour les cons! 



francoisdesvignes 28/02/2011 15:53



   Je sais.


Je suis le Phoenix de mon blog mais je n'ai pas de fromage : quelques plumes et croassements indignés tout au plus.


Question : comment passer de la colère à l'action sans autre moyen que le désir sincère de vous aider ?


Nous evrions nous unir.


Former un parti.


Rentrer en campagne.


Mais avant rédigeons nos serments, comptons nous et désignons nos ennemis


 



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